dimanche 20 mars 2016

Suhair Sibai et la guerre

Suhair Sibai, artiste syrienne




"Sous le ciel de Syrie"


Suhair Sibai est une artiste peintre née en Syrie en 1956 et exilée depuis plusieurs années aux états unis. L'horreur de la guerre elle la connait et la dépeint à sa manière dans une explosion de couleurs. 

Sur des visages d'enfants, de femmes et de vieillards, personnages vulnérables au milieu du chaos ambiant, l'artiste peintre montre la palette des émotions que procure l'insupportable.
Dans leurs grands yeux pleins de candeur, on lit le désarroi, l'interrogation face à la désolation.
L'intensité des couleurs contraste avec certaines parties plus sombres de ses oeuvres qui évoquent la noirceur du quotidien.
Comme en reportage, elle peint des scènes de rue. Une femme apparait, surgissant de derrière un mur, un enfant se cache, un vieillard pleure. Moments de vie volés dans des peintures sublimes aux noms évocateurs tels que "liberté", "n'ayons pas peur"... 
Parallèlement, les émotions jouent un rôle prépondérant dans cette oeuvre très féminine où l'on retrouve toute la complexité de l'être humain à confronté à l'inconnu, à l'incertitude. Sans tomber dans le pathétique, Suhair Sibai explore la diversité humaine, d'où qu'elle vienne, et se sert du prisme de la femme en particulier. 
Selon elle la diversité dans laquelle nous vivons peut facilement nous amener à une certaine confusion face à nous-mêmes et face aux autres. 
C'est cette intériorité tourmentée et vulnérable de la nature humaine que nous retrouvons par métaphores dans cette peinture à la beauté universelle.

























Son oeuvre est exposée dans différentes collections privées et publiques à New York, Los Angeles, Miami, Paris, Londres, Dubai, Damas ...


Sources :

http://www.saatchiart.com/account/artworks/299847
http://www.bellexotique-magazine.com/2015/03/04/artist-suhair-sibai-syrian-skies

Email de l'artiste : SuhaiSibai@gmail.com


Rehahn Croquevieille, le photographe qui aimait le Vietnam


Rehahn Croquevieille, le photographe qui aimait le Vietnam
ou l'histoire d'un globe-trotter tombé amoureux d'un pays et de ses habitants

1379954_574185655951445_1671398415_nSaisir la beauté

Il n'est pas surprenant qu'un photographe s'attarde puis s'attache à un pays comme le Vietnam.
Tout dans ce pays incite à suspendre le regard, les montagnes et les vallées, les villes intenses et riches en couleurs, les petites villages encore marqués par la tradition et ses multiples ethnies, et surtout son histoire.
Il est par ailleurs un moment magique et unique dans ce pays, qui est la rencontre avec ses habitants. Ce sont toutes les émotions de ses échanges que le photographe Réhahn partage à travers ses portraits tous plus authentiques les uns que les autres.
Avec beaucoup d'amour il saisit la force de son vécu dans le regard troublant de vérité "d'un ancien", ou la grâce d'un enfant rencontré par hasard au bord d'un chemin. Avec leurs expressions touchantes, empreints de gentillesse et de naïveté... et toujours beaucoup de sourires malgré la misère, les Vietnamiens de Rehahn sont effectivement très attachants.

Valerie Morales

Le Vietnam une évidence

" Réhahn Croquevielle voyage depuis 2005. En huit ans, il a parcouru plus de 30 pays dont certains plusieurs fois : une dizaine de fois Cuba, quatre fois le Maroc et une dizaine de fois le Vietnam avant de s'y installer définitivement. Ses dernières destinations ont été la Bolivie, le Pérou, le Chili et Cuba en Amérique latine, le Myanmar et le Laos en Asie.
Il y a six ans, ce jeune Normand a rejoint l’association «Enfants du Vietnam» pour participer aux activités philanthropiques dans les montagnes du Nord en venant en aide aux enfants pauvres. Le Vietnam lui a rapidement laissé une impression profonde.
«Le Vietnam était pour moi une évidence. J'ai voyagé dans plus de 30 pays mais je me suis senti chez moi après mon second voyage, notamment à Hôi An dans la province de Quang Nam au Centre du Vietnam. La culture, les gens, les sourires, les odeurs, les bruits et la nourriture sont autant de raisons de mon expatriation dans ce magnifique pays», confie-t-il. Depuis deux ans, Réhahn vis à Hôi An où il a ouvert une boutique de glaces proposant 54 parfums !"









samedi 12 mars 2016

Gerda Wegener ou "the Danish Girl"

Un amour infini
Valérie Morales

Gerda Wegener et Lili Elbe alias Einar Wegener, ou la plus bouleversante histoire d'amour entre deux êtres... quand l'un des deux devient transgenre.

Il y a eu des peintres et leurs muses.
Amours proclamées ou cachées, les modèles qui ont inspiré les plus grands artistes étaient généralement des femmes ! Puis il y eut Gerda et son modèle : son mari Einar Wegener.

Cet amour infini, c'est celui d'une femme peintre qui en révélant la féminité de son époux, a donné naissance a une oeuvre magnifique d'une grande sensibilité à une époque ou la transsexualité n'était pas encore reconnue.

Dans un sublime échange amoureux, on découvre la beauté et la force que l'amour peut engendrer et que chacun exprime à sa manière.

Gerda, exhalte la beauté féminine de son mari, le magnifie dans ce qu'il a de plus intime, et accorde à son amour la liberté d'être ce qu'il souhaite vraiment être.

Einar quand à lui, en se révélant femme devient Lili dans un héroïque coming out, et rend hommage à la peintre en revêtant ses plus beaux atours pour lui permettre d'atteindre le sommet de son art.


Portrait de Lili

A propos de Gerda

"Gerda Wegener (15 mars 1889-28 juillet 1940), est une portraitiste, peintre de genre, dessinatrice et illustratrice franco-danoise.

Originaire d'une famille française émigrée au Danemark au XVIIIe siècle. Épouse d'Einar Wegener. Élève de l'École des Beaux-Arts de Copenhague. Elle voyagea en Italie, en Angleterre et en France où elle se fixa à Paris en 1912. Elle a exposé aux Salons d'automne, des Indépendants et des Humoristes. Elle collabora à la Vie Parisienne, à Fantasio, au Rire, à La Baïonnette, etc."


... "Des filles coquettes, des divas glamoureuses, des femmes sensuelles et des représentations de Lilli sont les sujets les plus aimés par Gerda Wegener. La sexualité ambivalente de Wegener et l'histoire de son épouse étaient trop difficiles à comprendre pour les personnes de son époque. Aujourd'hui la thématique de ses œuvres est de grande actualité et Hollywood a saisi l'histoire dans "The Danish Girl".

... Gerda Wegener a divisé l'opinion publique à Copenhague, mais elle a remporté un grand succès à Paris, où elle a vécu avec Lili pendant deux décennies à partir de 1912. Elles ont participé avec enthousiasme au monde du spectacle parisien, comme le témoignent les œuvres de Gerda représentant des fêtes et des carnavals. Gerda devient rapidement une célèbre portraitiste et elle a exposé ses œuvres aux expositions annuelles les plus importantes de Paris, et même au pavillon français pendant l'Exposition Internationale de 1925, où elle a remporté deux médailles en or."...




Deux amies



Air de Capri



Femmes fatales




La sieste




La sophistiquette



Aperitif



Café scène

Le film : "The danish girl"




L'artiste danoise Gerda Wegener (1885-1940) est la pionnière du portrait de genre : sa muse et son modèle préféré n'est autre que son mari, Einar, peintre également, plus connu sous son identité trans, Lili Elbe. Le réalisateur Tom Hooper, bouleversé par leur histoire, leur a consacré un film, The Danish Girl, avec Eddie Redmayne et Alicia Vikander dans les rôles principaux. Avant sa sortie sur les écrans, prévue le 20 janvier 2016, le musée Arken, à Copenhague, monte de son côté, Gerda Wegener, une rétrospective qui va (aussi) faire date, à voir jusqu'au 16 mai 2016.



L'exposition sur les traces du film
Au Musée Arken (Copenhague) - Du 7 novembre 2015 au 16 mai 2016.

"L'insolite histoire d'amour entre une peintre et son muse qui va au-delà des frontières de genre est aussi le sous-titre de l'exposition "Gerda Wegener" présentée au Musée d'Art Danois ARKEN, au sud de Copenhague...."

Gerda Wegener fait partie de ces femmes artistes dont l’histoire de l’art n’a rien voulu retenir. C’est dire combien le mérite d’Andrea Rygg Karberg, commissaire de l’exposition et conservateur au musée d’art moderne Arken, est grand. L’aventure du couple Wegener et de leur œuvre commune transgenre, Lili, sont pourtant exceptionnelles à plus d’un titre : c’est d’abord une preuve d’amour exemplaire qu’ils nous donnent, et, parallèlement, une leçon de création à rendre dingue les théoriciens de l’avant-garde, préoccupés davantage par les projets politiques que par l’évolution des mœurs et par les faits de société. Exemple de résistance et d’utopie propre aux années 1920, l’œuvre d’Einar et de Gerda Wegener ne repose sur aucun manifeste d’art signé de leurs mains. Or, la revendication implicite ou explicite des droits des minorités liées à leur identité sexuelle est partout présente dans les illustrations, les dessins et les peintures de Gerda Wegener, dès les années 1900. L’exposition du musée Arken réussit l’exploit de réunir cent soixante-dix-huit œuvres inédites provenant de collections privées et publiques (dont une huile et une aquarelle conservées au Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou). Bref, ce coming out rétrospectif met en lumière une artiste unique qui lutta sa vie entière contre toutes les formes de sexisme et de discrimination."




dimanche 6 mars 2016

Fred Allard, l'étoffe d'un héros...



Fred Allard, l'étoffe d'un héros... 


De l'entrepreneur à l'artiste



Pour la semaine de la femme, je souhaite vous parler d'un héros des temps modernes, un chevalier d'un genre nouveau, à la fois rock et pop, et qui met en valeur la beauté de la femme à travers son art avec l'innocence d'un enfant ébloui.

Ses princesses sont des mannequins, des figures féminines connues, à la beauté sauvage ou enfantines, qu'il transfigure, sublime et revêt de nouveaux atours.

Idéaliste et humaniste, il commence par utiliser sa connaissance du milieu de la mode et du design sur la toile du net en créant son entreprise. Lorsque je l'ai connu il s'inscrivait dans la lignée de ces pionniers de l'informatique, ces grands aventuriers qui créaient "les start-ups", suscitaient des passions et généraient des emplois .

La sienne était dédiée au milieu du textile et de la mode.

En peu de temps sa fougue et son enthousiasme réunit ses meilleurs amis et toute une équipe de jeunes talents recrutés peu à peu. Puis la reconnaissance, une magnifique levée de fonds pour ce qu'on appelait "l'étoffe d'un héros" et en deux ans l'entrepreneur Fred Allard compte une centaine de salariés unis à sa cause.

Reconnue la start-up de l'année puis victime de sa jeunesse et sans aucun doute encore trop avant- gardiste pour le secteur encore trop traditionnel du textile à l'époque, elle ne perdurera pas.


Mais à coeur vaillant point de défaite et le chevalier Fred Allard a depuis repris sa conquête du Graal grâce à la peinture.

De l'entrepreneur attentif et profondément humain que j'ai connu, à l'artiste doué d'aujourd'hui, Fred Allard a conservé son amour de la beauté et un coeur noble.

Car les femmes à l'honneur sur ses toiles, et même dans les sacs qu'il transforme, sont chics belles et insoumises... donc libres !!!

Merci Fred.


De l'artiste libre à ses Héroïnes










« L'art est l'expression de mes sentiments. »




Article pour les Galeries BARTOUX 2015

Fred Allard, Artiste français, né le 5 mai 1968.

Entrepreneur depuis plus de 20 ans dans le domaine de la communication des nouvelles technologies associées à l'univers de la mode, il crée « Vitrines Parisiennes » le premier e-concepstore de mode ou l'on retrouve les designers et marques de mode incontournables.

A travers son entreprise, imbibée d'art graphique, entourée de mode, d'artistes, à la tête d'équipes de pub, de designers, il décide de devenir l'artisan de ses créations et d'exprimer sa sensibilité....

Son « disque dur » et son sens artistique sont remplis depuis son plus jeune âge où il grandit dans l'univers de l'architecture, inspiré par un père bâtisseur et novateur génial. Il décide, 6 mois après le décès de celui-ci, en juillet 2010, de devenir lui aussi cet artiste qu'il sent bouillonner en lui.

Sa démarche : Le mélange des genres, composer ses œuvres avec les ingrédients de la mode, du design, des matières, des couleurs, des peintures, bombes, photos, collages, retranscrits sur de grands formats.

Il y donne son interprétation de la société artistique qu'il traverse, qu'il ressent, qu'il vit via sa sensibilité, son expérience personnelle et professionnelle.

Il considère sa démarche comme un travail collectif car il utilise des images prises au hasard de ses pérégrinations à travers le monde, des photographies de murs tagués par d'autres, anonymes participant de son œuvre finale.

Street-art, graffe, explosion des couleurs, des années 70/80/90 jusqu'à nos jours.

Il commence à travailler sur des murs qu'il photographie lors de ses déplacements. Il réalise des tirages de grand format d'un détail et intervient, tague, graffe, peint des messages, des sensations, des émotions, colle et superpose des photos découpées dans les magazines de mode.

Son travail est une composition esthétique d'où se dégage sa notion du beau, des couleurs mélangées et associées à sa sensibilité.

Toujours en mouvement, collé aux tendances, il compose et crée ses œuvres comme une collection de mode en y associant la musique, véritable stimulant créatif. Chaque saison une nouvelle série est construite autour d'un thème qui l'interpelle.

Grâce à ses amis Jacques PELISSIER, Stéphane CIPRE et Guillaume BARCLAY qui cautionnent et encouragent son travail, il décide de présenter les premières oeuvres de sa production au travers de deux expositions éphémères : La Villa, Nice, Septembre 2010 et Métropole Center, Monaco, Février 2011.

Le succès est immédiat et le public répond favorablement à son besoin de création.

Autres articles


Maud Barral, galeriste, dit de lui : " Les oeuvres de Fred Allard sont comme cette Héroïne qu’il dépeint : fortes, vives, modernes. L’énergie d’une culture Rock-Pop-Mode, où tout bouge sans cesse, émane de ses tableaux, appuyée encore par le langage pictural développée par l’artiste qui crée sa propre écriture et place l’image au centre de son oeuvre".

PORTRAIT : Fred Allard entre femmes et liberté...


Artiste libre, autodidacte, Fred Allard est un artiste aux multiples facettes. Depuis la mode, les podiums, les couleurs, les tendances jusqu’à l’univers de la rue et du graff, le peintre-photographe s’expose et nous présente ses muses et ses "Héroïnes" .



Parce qu’il fréquente le milieu de la mode depuis plus de vingt ans, Fred Allard entretient un univers coloré, décomplexé, désinvolte... Un univers où les femmes sont souveraines d’ailleurs. Des femmes, ces femmes, ses femmes ! Dans son exposition "Héroïnes", les superwomen côtoient les fées, les sorcières, les déesses... Autant de muses qu’elles soient enchanteresses, fortes ou faibles. Une fascination sans faille pour l’icône féminine.

Fred Allard peint les femmes d’aujourd’hui, celles que l’on croise dans la rue, celles qui se battent avec fougue, pour leurs convictions, celles qui tentent tout à la fois de maîtriser leur destin et de s’y abandonner.

Féministe ? Peut-être plutôt une ode à la Femme.

Puisant tantôt ses inspirations dans la mode bien sûr (Kate Moss crève la toile du peintre, à mi-chemin entre la femme-fatale et la femme-enfant), mais aussi dans la photographie et la musique.


(...) Il travaille le mouvement, agrandit les détails, peint, graffe, repeint, arrache, modélise, colle, mêle conception gestuelle et graphique, déstructure... Sublime ! Ces héroïnes, véritable source d’inspiration et de création jouent avec les curieux, aguichent, lancent des œillades, interpellent, provoquent, snobent, elles sont toutes ces femmes, la femme.


L’artiste va jusqu’à figer les objets et ses "ustensiles créatifs", recyclant les bombes de peinture, enfermant le reste de catalogues déchirés dans du verre... Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme finalement !

Source : Art Côte d'azur Aurelie Mignone.






Ses expositions :

GALERIE BEAUNE
GALERIE CANNES CROISETTE
GALERIE D'ART ÉLYSÉES – PARIS
GALERIE DE L'ALPAGE III
GALERIE ÉLYSÉES – NEW YORK
GALERIE LONDON
GALERIE NORMANDY
GALERIE PORTE ROYALE
GALERIE SAINT-HONORE

dimanche 28 février 2016

Vincent Van Gogh, cet incompris

Vincent Van Gogh, cet incompris(1853-1890)
"Par les couleurs j'ai cherché à exprimer les terribles passions humaines"


Au gré de ses nombreux voyages, Vincent Van Gogh aime éperdument... et se perd.
Il sème au gré du vent breton à celui du pays d'Arles, de superbes toiles qui témoignent de ses rencontres et de ses émotions envers un champ de blé, un tournesol , un être humain, des oeuvres intemporelles.
D'une nature impulsive et passionnée, il peint comme il aime, avec intensité et force, à grands coups de pinceaux avec des empâtements agressifs, des touches en virgule, des couleurs vives et contrastées où peu à peu dominera le jaune, couleur de la folie.


Quel destin poignant que celui de Vincent Van Gogh, esprit pur et en quête d'absolu, et dont la courte carrière de peintre, à peine 10 ans, n'a connu de succès qu'après sa mort.

Parti de la maison familiale en Hollande avec réelle une vocation religieuse pour étudier et devenir Pasteur en Belgique, il y découvre la détresse et la misère humaine. Souhaitant aider les plus démunis, il se mêle à eux, travaillant avec eux, cherche à évangéliser les mineurs du Borinage, mais dans son zèle, il déplaît aux ecclésiastiques et est renvoyé.

A Paris, ou il reprend la peinture, son autre passion, il rencontre les précurseurs de l'impressionnisme Paul Gaughin, Camille Pissaro, Emile Bernard,... et cherche à s'intégrer.
Dans cette soif de partage et de reconnaissance par ses pairs, Van Gogh, s'intéresse à l'école de Pont Aven avec Paul Gaughin et s'investit dans la création d'une communauté de peintres. Mais c'est à nouveau l'échec et le rejet qui finiront de le destabiliser jusqu'au suicide.
De nature maladive et dépressive, de plus en plus solitaire, en dépit de son frère Théo, marchand d'art qui le soutiendra toujours financièrement et moralement, puis chez son dernier ami le docteur Gachet à Auvers sur Oise, il sombre peu à peu dans la folie.
Dans les dernières années de sa vie, ses oeuvres sont de plus en plus tourmentées. Comme un grand cri de désespoir elles expriment la rage et l'impuissance de Van Gogh face au rejet de Gaughin, et sans doute face à tous ceux qui l'ont repoussé mal aimé ou mal compris.
Il laisse derrière lui une oeuvre impressionnante par le nombre, mais aussi par la beauté sauvage de ses messages, comme autant d'appels au secours.

Exposition à Clermont-Ferrand du vendredi 4 mars et jusqu'au 5 juin, au musée d'art Roger-Quilliot (MARQ).

Baptisée Autoportraits, cette exposition de quarante œuvres majeures issues des collections nationales du musée d'Orsay, à Paris, mettra en lumière l'exercice de l'autoportrait dans la seconde moitié du XIXe siècle, à travers les tableaux de Gustave Caillebotte, Paul Cézanne, Gustave Courbet, Edgar Degas, Paul Gauguin, Claude Monet, Camille Pissaro ou encore Vincent Van Gogh.
Valerie Morales

BIOGRAPHIE
(extraite de l'Encyclopédie Larousse)


Portrait de l'artiste


Peintre néerlandais (Groot Zundert, Brabant, 1853-Auvers-sur-Oise 1890).


Incarnant jusqu'à l'outrance le mythe du génie incompris de son vivant, tant ses œuvres furent ignorées en son temps et sont aujourd'hui parmi les plus recherchées au monde, Vincent Van Gogh tenta d'exorciser par la peinture le tumulte intérieur qui le minait. Ses recherches sur la forme et la couleur marquèrent durablement les avant-gardes à venir.

1. Un être en mal d'absolu

Fils de pasteur, Vincent Van Gogh porte le prénom d'un frère mort-né l'année précédant sa naissance. Quatre ans après sa naissance vient au monde un autre frère, Theodorus (1857-1891), qu'il appellera Théo – et qui, toute sa vie, le soutiendra moralement et financièrement.


Enfant instable mais doué pour le dessin, Vincent a parmi ses oncles le fondateur, à Paris, de la galerie d'art Goupil, qui compte de nombreuses succursales en Europe. Il est envoyé successivement dans la succursale de La Haye (1869), puis dans celles de Bruxelles et de Londres (1873-1876), pour faire son apprentissage du commerce de l'art. Par suite de déboires amoureux, il se réfugie dans le mysticisme et dans l'écriture de lettres à Théo qui seront un exutoire aux troubles de son âme.


Après un bref séjour à Paris, Van Gogh retourne à Londres et devient instituteur dans le quartier ouvrier d'Isleworth. Il sent naître en lui une vraie vocation religieuse, qui le conduit à vouloir évangéliser les mineurs du Borinage, en Belgique. Le zèle qu'il déploie alors heurte les autorités ecclésiastiques, qui y mettent un terme au bout d'un an (1879). Après plusieurs années d'errance solitaire, la peinture va prendre le pas sur la prédication. 

2. Les premières influences esthétiques


La Sieste


Inconditionnel de Jean-François Millet, Van Gogh se livre à l'étude des paysages et des scènes paysannes, dont on retrouve trace lorsqu'il aborde la peinture à l'huile, en 1882, sur les conseils de son cousin par alliance, Anton Mauve (1838-1888).

À Nuenen, près d'Eindhoven, où il vit pendant près de deux ans (décembre 1883-novembre 1885), il se familiarise avec le réalisme hollandais (lesMangeurs de pommes de terre, 1885). Il s'installe ensuite à Anvers, pour y suivre les cours de l'École des beaux-arts et découvre l'œuvre de Petrus Paulus Rubens. Mais, rebuté par l'enseignement qu'on lui dispense, il repart en février 1886 et rejoint à Paris son frère, qui l'héberge dans un atelier de Montmartre.

3. La féconde expérience parisienne

Van Gogh fréquente le milieu des peintres impressionnistes et néo-impressionnistes (Camille Pissarro, Paul Gauguin, Paul Signac). Entré dans l'atelier de Cormon (1845-1924), il se lie avec Émile Bernard et Henri de Toulouse-Lautrec, qui exerceront sur lui une nette influence. Les trois amis organisent une première exposition en 1887. Ils ne vendent aucune toile, mais ils savent que leur heure n'est pas encore venue.

4. La prééminence de la couleur



La Chambre de Vincent à Arles

Au contact de Gauguin, mais aussi sous l'influence des estampes japonaises, Van Gogh affine ses recherches sur la couleur ; sa palette s'éclaircit et se diversifie, sa facture s'assouplit, donnant lieu à des expérimentations sur des natures mortes, des paysages et des portraits (le Père Tanguy, 1887). Pour parfaire son travail, il lui faut trouver des ciels autres que ceux de Paris. C'est alors qu'il part s'installer à Arles, en février 1888.



Les tournesols
Ébloui par la lumière du Midi, Van Gogh va faire de la couleur l'objet même de son œuvre, et non plus une composante de celle-ci. Il recherche la plus grande intensité possible à la fois des tons (tels les jaunes de la série des Tournesols) et des rapports chromatiques (jaune/bleu, jaune/vert, bleu/vert, rouge/vert) : fleurs (Pêcher en fleur, « souvenir de Mauve », 1888), paysages (la Plaine de la Crau avec la ruine de Montmajour, id.), intérieurs (le Café de nuit, id.), portraits (la Mousmée dans le fauteuil, id.) sont chargés d'une grande expressivité. 

5. La Provence du paroxysme



Autoportrait à l'oreille coupée


Vivant seul parmi des Arlésiens qui se méfient de cet étranger original, Van Gogh s'abîme dans la dépression. Pourtant, il n'a pas abandonné son rêve de constituer une communauté de peintres. Il finit par décider Gauguin à venir le rejoindre. Le maître de Pont-Aven arrive à Arles en novembre 1888 et s'installe dans la « Maison jaune » – l'atelier de son hôte.

Mais il ne supporte pas le caractère cyclothymique de celui-ci et, le soir du 23 décembre 1888, après une dispute plus violente que les précédentes, il part à l'hôtel. C'est peu après que Van Gogh se saisit d'un couteau et se tranche une partie de l'oreille gauche, qu'il va ensuite porter à une prostituée. Deux autoportraits témoigneront de ce geste.

Admis à l'asile de Saint-Rémy-de-Provence, où il demeure un an (mai 1889-mai 1890), Van Gogh s'adonne à une peinture où l'allongement de la touche et la torsion des formes traduisent la force de ses tourments (Nuit étoilée [Cyprès et village] 1889). Dès sa sortie, il devra quitter Arles sous la pression des habitants, qu'il effraie.

6. Près du docteur ami des peintres

Terriblement affaibli, Van Gogh accepte de se rendre à Auvers-sur-Oise, où réside le Dr Paul Gachet.
Médecin, mais aussi amateur d'art et lui-même peintre à ses heures, Gachet est l'ami de Paul Cézanne, d'Édouard Manet, d'Auguste Renoir, d'Edgar Degas. Par l'intermédiaire de Théo Van Gogh, il a connaissance du travail de Vincent, dont il pressent aussitôt l'importance, en même temps que sa maladie. Dès lors, il n'a de cesse de le faire venir à Auvers-sur-Oise, soulevant les critiques – infondées à l'époque – de ceux qui lui reprochent d'agir par intérêt.

Une réelle amitié se noue entre les deux hommes. Gachet réussit à instaurer autour de Van Gogh un climat de confiance dont l'effet est bénéfique. Le peintre réalise un premier portrait de son bienfaiteur, qui, rempli d'admiration, lui en commande un second. Pour la première fois de sa vie, peut-être, Van Gogh a conscience que son talent est reconnu et son art compris par un homme de qualité.

7. L'ultime étape d'Auvers-sur-Oise



Vincent Van Gogh, l'Église d'Auvers-sur-Oise


Reprenant ses pinceaux, il passe des journées entières devant son chevalet et exécute alors plusieurs de ses œuvres maîtresses : l'Église d'Auvers-sur-Oise, vue du chevet (1890),Chaumes de Cordeville (id.), Champ de blé aux corbeaux (id.). La couleur, là encore, est capitale, mais elle s'assombrit, et les formes se font plus torturées, comme l'esprit du peintre. Son mal intérieur est le plus fort : « Il y a quelque chose au-dedans de moi : qu'est-ce donc ? » cherche-t-il désespérément à savoir. Il ne profite qu'à peine trois mois de l'aide que Gachet peut lui apporter, finissant par se disputer aussi avec ce dernier.

Le 27 juillet 1890, au cours d'une promenade, Van Gogh se tire une balle en pleine poitrine et, malgré les soins de Gachet, expire deux jours plus tard. Ainsi disparaît, dans un quasi anonymat, un artiste qui aura signé plus de huit cents toiles, mais qui, de son vivant, n'en aura vendu qu'une seule, la Vigne rouge, achetée à Bruxelles en 1890.

8. Citations


Le Champ de blé aux corbeaux


« On dit, et je le crois volontiers, qu'il est difficile de se connaître soi-même. Mais il n'est pas non plus aisé de se peindre soi-même. »


Vincent Van Gogh(Lettres à son frère Théo) ; malgré cette assertion, le peintre exécuta, à partir de 1886, pas moins de trente-cinq autoportraits, espérant sans doute par là trouver sa propre identité.


« Il avait absorbé la nature en lui ; il l'avait forcée à s'assouplir, à se mouler aux formes de sa pensée, à le suivre dans ses envolées, à subir même ses déformations si caractéristiques. Van Gogh a eu, à un degré rare, ce par quoi un homme se différencie d'un autre : le style. »


Octave Mirbeau, dans un article de l'Écho de Paris publié huit mois après la mort de Van Gogh (31 mars 1891).


« Il avait raison, Van Gogh, on peut vivre pour l'infini, ne se satisfaire que d'infini, il y a assez d'infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies. »


Antonin Artaud (Van Gogh, le suicidé de la société)

samedi 13 février 2016

"Liberté J'écris ton nom"... Fernand Léger et Paul Eluard, Talents croisés



Au Musée de Biot 

EXPOSITION AUTOUR DU POÈME "LIBERTÉ", PAUL ÉLUARD ET FERNAND LÉGER EN DIALOGUE


"Il n'y a pas de beau hiérarchise, catalogué.
Le beau est partout." dit Fernand Léger

Cette ode à la liberté et à la paix, est un magnifique message d'espoir de la part de deux grands artistes du siècle dernier qui défendent leur idéal de vie à travers une oeuvre commune. La beauté du poème d'Eluard, magnifié par l'illustration de son ami à titre posthume, d'autant plus émouvant quand on les replace dans le contexte de cette difficile période d'après guerre...





"Liberté j'écris ton nom..."
Recueil "Poésie et Vérité" - Paul Eluard 1942


Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.


Ce poème écrit en 1942 par Paul Eluard dans le recueil clandestin "Poésie et Vérité" réalisé en osmose avec les avant-gardistes littéraires et artistiques est avant tout une oeuvre de propagande.

Ecrit au nom de la résistance à son retour de la guerre, il devient un des emblèmes du mouvement, et sera même parachuté par les avions britanniques au dessus du sol français la même année.

Pendant la période d'après guerre ce poète engagé, s'inscrit dans le style surréaliste qui se définit comme "dictée de la pensée en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique et morale" (Manifeste du surréalisme).

Fernand Léger, artiste indépendant, mais sensible aux influences artistiques de ses contemporains surréalistes, dadas, fauves, cubistes, s'intéresse également aux modernisme du monde et aux progrès technologiques des américains rencontrés lors de son exil aux Etats Unis. A son retour en France, il retrouve Paul Eluard, avec lequel il fréquente le même cercle d'artistes, également touché par les aspirations idéologiques de ses amis pendant cette époque troublée. Leur engagement commun au Parti Communiste et au Mouvement international pour la paix les rapprochera en effet et sera à l'origine de leur amitié, jusqu'au décès prématuré du poète en 1952.

Un an après la mort de son ami, Fernand Léger réalise en son hommage, l'illustration du poème "Liberté"sous forme d'un livre plié en accordéon de 33 centimètres.

En 2015 le musée Fernand Léger à Biot ayant pu acquérir la première édition limitée du poème revient sur l'histoire forte des parcours croisés de ces deux artistes.






Quand "les Enfoirés" le mettent en musique




Biographie de Fernand Léger


"Fernand Léger naît en 1881, à Argentan, en Normandie. Doué, dès son plus jeune âge pour le dessin, il commence par travailler dans un cabinet d'architecture, avant de venir à Paris intégrer l'Ecole des Arts Décoratifs. Ses premières oeuvres sont marquées par l'Impressionnisme, avant que la découverte du travail de Paul Cézanne ne l'oriente vers le cubisme, juste avant 1910.

Après la Première Guerre, les éléments mécaniques, symboles de la modernité, font leur apparition dans ses toiles.

Les années 20 sont une période foisonnante en commandes, rencontres et créations. Illustrant des textes, dont Blaise Cendrars, travaillant pour le cinéma, notamment avec Abel Gance, il découvre, par l'entremise de son marchand Léonce Rosenberg, le travail de Piet Mondrian, et collabore avec Le Corbusier. Sa réflexion, influencée par le cinéma, l'amène à conduire des recherches sur la place de l'objet libérer de tout support, défiant l'apesanteur. L'oeuvre majeure de cette période est "La Joconde aux clés".




Les années 30 sont marquées par une reconnaissance internationale, et l'Université de Yale lui demande de venir faire des conférences sur"l'action de la couleur dans l'architecture". Et c'est tout naturellement qu'il prend le chemin des Etats Unis, dès l'entrée en guerre de 1939. Il y réalisera la célèbre série des "Cyclistes", mais aussi beaucoup de paysages, dans lesquels les machines agricole (encore un symbole de la modernité) sont très présentes.


L'après-guerre est marqué par son travail sur les bas-reliefs polychromes, mais aussi sur les vitraux. Côté peinture, il réalise l'un de ces chefs d'oeuvre"Les Constructeurs".

Les oeuvres de la fin de sa vie, sont liées à une certaine joie de vivre, comme "La Grande Parade"et la série des Parties de campagne. Il meurt en 1955. A Biot, sur une proprièté achetée juste avant sa mort, un musée entièrement dédié à son oeuvre sera inauguré en 1960."

de Natacha PELLETIER pour "PASSION ESTAMPES"






Cirque Jaune 


Chaise 


Jazz 


la Joconde aux clefs 

Trois femmes aux fleurs 



Adieu à New York 1946