samedi 10 juin 2017

Gisele Mazzoni de l'enfant espiègle à la femme généreuse


 "Gisele Mazzoni de l'enfant espiègle à la femme généreuse" de Valerie Morales


Je la connais depuis toujours Gisele Mazzoni. On a grandi ensemble... 

De nos jeux d'enfants à aujourd'hui, des fous rires aux larmes, elle a toujours représenté pour moi... la VIE. Comme un ouragan qui vous emporte, et qui change le cours des choses à jamais, elle laisse son empreinte sur tous ceux qui croisent son chemin. Une route toute droite où l'on marche d'un pas assuré et léger à la fois, sans faillir et en confiance.

C'est de cet aspect de sa personnalité aux multiples richesses dont je voulais vous parler.

De la coach de vie à l'artiste qui sculpte




Son truc à elle, c'est de façonner.

Cela a toujours été un don, cette étrange faculté et ce besoin de transformer, modeler, les êtres et les choses.

Tel un Pygmalion des temps modernes, pour un monde harmonieux certainement et aussi comme en mission, parce qu'elle y croit tellement...

Alors elle malaxe la terre cuite, sculpte, et puis elle coache.

Ou le contraire...

Dans sa vie de tous les jours elle est coach de vie et redonne espoir à ceux qui l'on perdu. Et pour ses loisirs elle crée des poteries, des sculptures, leur donne vie, et c'est presque la même chose.

Et c'est ainsi depuis longtemps....

L'un pour le bien-être de "l'Autre", et l'autre pour son propre bien être.

Dans un cas comme dans l'autre, Gisele Mazzoni cultive cette facilité artistique à modeler, justifier, exalter la force vive de ce qui l'entoure, substance, être, argile, fragilisé, solidifié, craquelé...

Elle accompagne la matière, comme dans la vie avec les gens, pour créer un vase, une céramique, une figurine, qui s'épanouit à son contact.

De chair ou de terre, la matière prend forme.

Il y a un aspect jubilatoire dans l'art de Gisele Mazzoni, une sorte de jeu de hasard enfantin, comme une inspiration venue d'on ne sait où, un état divinatoire qui signale, enhardit et encourage les formes qui surgissent de la glaise ou de ces motifs qu'elle peint.

Gisele Mazzoni la visionnaire, porte sur ses épaules le poids du monde pour l'ennoblir, pour découvrir les vertus magiques que la création renferme. Elle construit un nouvel univers, plus noble et à travers la création, telle une mère attentive elle donne naissance à ses sculptures.

Ses oeuvres à la sensualité développée ont toutes des formes harmonieuses, généreuses : les femmes avec leurs seins épanouis et leurs jolies fesses bien rondes, les hommes athlétiques avec des torses puissants.

Quant aux céramiques et leurs motifs, selon les thèmes, elles représentent encore la joie de vivre. Fleurs et fruits aux couleurs chaudes, franches et vives comme la gourmandise, nous laissent une sensation de plaisir sucré qui nous fait saliver. "

Parler, marcher en pleine nature, sculpter, et jouir de l'existence dans ce qu'elle a de plus simple et de plus vrai, tel est le monde joyeux de Gisele Mazzoni.

Quelques oeuvres :


























Adresses de ses sites et blog :

http://magipourquoipas.blogspot.fr/2016/04/quelques-creations-et-souvenirs.html


"Walk and talk" 

C'est être prêt à avancer... à agir.. ensemble nous fixons des objectifs simples, pour vous aider à dépasser vos blocages en vous appuyant sur vos ressources qui vont vous pousser vers l'avenir, vers la confiance..
En vous menant sur votre Chemin de Vie..
Les pieds sur terre, la tête sur les épaules, tout s'éclaire au rythme de vos pas.. La marche permet de lâcher le mental pour se reconnecter à soi-même, en toute confiance..
Pour un rendez-vous 0609845564


lundi 8 mai 2017

Brigitte Savy est partie faire "le grand voyage"


"Brigitte Savy, une artiste libre... ou la dame en rouge et noir" de Valérie Morales.






Une fois de plus, ce blog me permet de faire de belles rencontres... par hasard, au détour d'une conversation, il y a tant à partager...

Ici il s'agit d'une artiste graveur-sculpteur, taille-doucière (gravure en taille douce) comme elle se définissait elle-même, car elle nous a quittés il y a 2 ans.


C'est à la sortie d'une avant-première de spectacle que je l'ai "rencontrée" à travers une de son amie Angela White. Autour d'une table, encore toutes exaltées par la sublime Barbra Streisand que nous venions de redécouvrir, nous "philosophions" à propos des femmes peu ordinaires, ne rentrant pas forcément dans le moule, artistes, souvent mal reconnues ou tard, ou même jamais... 
Et c'est à cet instant précis qu'elle m'a dit : "J'en ai connu une comme ça, dommage, et maintenant c'est trop tard ... car elle est partie... C'était mon amie."
Ces mots m'ont soudain mis les larmes aux yeux. Bouleversée, j'ai promis à la jeune artiste face à moi que, moi, je ne l'oublierai pas.
Et que nous allions lui rendre hommage...

C'est à la suite d'une longue conversation passionnée, pleine d'émotions avec son frère Jérôme Savy, à propos de l'artiste et de la femme qu'elle était, que j'ai écrit cet article.

Le portrait qu'il m'en a fait, ainsi que quelques témoignages de sa soeur Catherine Savy, et Muriel Lecointe, son amie, m'ont laissé la même impression : les descriptions bien que différentes, toutes chargées de beaucoup d'amour, furent unanimes, décrivant une femme libre, généreuse et pardessus tout joyeuse.

Et puis de sa vie, on dit qu'elle était très entourée, tout le temps, jusqu'au bout, avec des liens forts, les partageant avec les personnes qu'elle aimait et aussi qu'elle débordait d'envies et de passions. 

Une artiste précoce

La petite lyonnaise, Brigitte Savy, est née le 16 juin 1955.
Déjà toute jeune elle dessinait en cachette ou presque, traversant la ville pour prendre des cours de dessin à peine âgée de neuf ans. A l'école, contre l'avis de ses parents, on l'encourageait. Il faut dire que très vite on sentait cette frénésie innée, comme une urgence, de créer, de dessiner, avec une justesse étonnante dans son sens des proportions. Ses carnets de croquis étaient magnifiques et d'une grande richesse, foisonnant d'idées plus créatives les unes que les autres.
Alors, malgré son jeune âge, après les cours du soir et avec beaucoup d'avance, elle entra aux Beaux Arts sans le baccalauréat, par dérogation, à l'age de 16 ans. Cela grâce à sa mère, contre l'avis de son mari, aujourd'hui âgée de 89 ans et qui peint toujours de la porcelaine.

Après les Beaux arts, la peinture et les arts plastiques, Brigitte Savy se retrouve comme d'autres artistes, prise au piège d'un mouvement artistique où les supports disparaissaient.
Brigitte, elle, voulait garder son libre arbitre et surtout son propre style.
Est ce pour cela qu'elle se dirigera vers la gravure ?
Le noir et blanc des gravures se prêtaient si bien à l'illustration de sa vision du monde. Un monde manichéen où l'obscurité et la lumière se côtoient sans cesse.
A coups de symboles cachés....

Une militante au coeur vaillant

Oui, c'était une militante. Pas une forcenée, comme certaines femmes qui n'hésitent pas à s'exhiber seins nus. Ni sexiste, ni célibataire endurcie, ayant été mariée pendant douze ans et à nouveau en couple jusqu'au bout avec son dernier compagnon. Simplement désireuse de défendre des valeurs qui lui semblaient justes, équitables.
A sa manière, Brigitte Savy a toujours souhaité défendre le rôle de la femme dans la société... et l'a prouvé, à travers l'art, avec force et courage.

Avec ses armes à elle, dans l'art, elle faisait passer ses messages. "Femen, avant l'heure, se servant des corps nus des gravures pour affirmer un combat contre le sexisme" affirme Jérôme Savy. On retrouve en effet dans ses sculptures masculines avec leurs sexes en érection, sa volonté de s'affirmer en tant que femme artiste dans un monde d'hommes.
Les traits étaient tranchés, vifs, comme martelés,
Son monde était droit juste et équilibré. Et elle le défendait haut et fort.
Encore davantage dans sa lutte pour l'égalité hommes femmes.

Le thème du cavalier Ramplin, vainqueur célèbre des jeux de la Grèce antique, revient souvent, comme une affirmation de sa personnalité de grande battante.

S'inspirant de Michel Ange, elle était en quête de grands formats et le gigantisme de certaines de ses oeuvres semblaient donner encore plus de poids à ses revendications.

Ni obsessionnelle ni artiste maudite, juste déterminée, acharnée même dans sa vision poétique de la véritable femme, portée avec force. De travaux titanesques aux oeuvres reprises et travaillées maintes fois elle déployait une énergie incroyable, menant parfois plusieurs projets à la fois, et ce pendant de nombreuses années..

Curieuse elle avait exploré diverses techniques différentes et utilisait des objets de toutes sortes, issus de la nature, terre cuite, craquelée, ou récupérés dans les déchets rejetés par la production humaine.

"Elle aimait ce contact avec les éléments, la peau, le métal, l'encre. C'est pour ça aussi que la gravure lui plaisait c'était à la fois un jeu, une découverte, et à la fois une volonté farouche de dominer ses éléments, ne pas laisser le hasard s'immiscer dans l'art. Que tout soit maîtrisé, Et quand le hasard se mêlait c'était qu'elle lui avait ouvert la porte. " nous explique son frère Jérôme.

"Les niveaux de gris subtils et innombrables, rajoutaient au discours manichéen toute l'envie d'être au plus près à la fois de l'esthétisme et du fond du discours. 
Que de papier déchirés pour obtenir le bon dégradé, que de pansements sur les paumes de main car peau contre métal était la seul solution pour un rendu exact. Une façon à elle de nuancer le discours tranché, avec toute la sensualité du geste."

Toujours là pour les autres... et les autres pour elle : témoignages

Généreuse et bienveillante, Brigitte Savy, a non seulement passé sa vie a défendre ses convictions mais également à protéger ses proches et amis, toujours présente pour leur apporter son aide, les rebooster en leur insufflant cette belle énergie vitale qui était sienne.
Pour elle-même nul besoin d'aide, pensait-elle, libre et indépendante comme elle l'était et digne.
Pour autant dans la vie, comme dans la maladie ensuite, Brigitte fût toujours très entourée.

Brigitte était très liante et appréciée. Ses amis Muriel Lecointe, Angela White, Ann, son conjoint Joel, sa soeur Catherine Savy, son frère Jérome Savy, son oncle Pierre et sa tante Liliane, tous ses amis artistes, et tant d'autres (Victor et Jocelyne Caniato, Hélène et Richard Jospé, Barbara Weibel et Rouby, Christine Fabre et André LeMauff, sa belle-fille Léa, Jean Antonini et Merette, Jocelyne Girard Besson, Catali Antonini et Stéphane Pelegri ...) qui pourraient eux aussi en témoigner.

"Chacun a son " bout " d’amitié et d’amour de Brigitte. C’est ce qui construit un être humain. Forte et fragile à la fois..." dit son amie Muriel Lecointe.

"L'accompagnement fût à la hauteur des amitiés fortes et tendres qu'elle entretenait"

"Trois jours avant son départ, nous avons été prises par un joyeux fou-rire toutes les trois Brigitte, sa soeur Catherine et moi.... "Elle aimait rire, nous partagions aussi de joyeuses rigolades".

"Brigitte c’était la Vie, la légèreté, la sensualité, la danse comme ces corps qu’elle dessinait, elle aimait la Vie... provoquant avec tendresse, très fidèle en amitié..."

"Nous nous retrouvions souvent pour des fêtes improvisées dans son atelier et c’était toujours des moments de partages festifs gais, bien arrosés et joyeux. Partages mémorables!"...

"Au moment de son grand départ nous avons chanté avec Joel son amoureux, Ann et Catherine les chansons que Brigitte aimait..."

"C'était avant tout une femme libre... et gaie, multi-talentueuse et généreuse !!! " dit sa soeur Catherine, qui évoque les broderies de Brigitte et les fameux tee shirts "Sauvez la mer".

Puis Jérome de me confier pour conclure, intarissable, dans ses propos chargés de l'admiration et l'amour qu'il portait à sa soeur. 

"Brigitte était comme ça... ne partageant pas les mêmes sujets ou analyses selon les personnes avec qui elle parlait. C'était à la fois une qualité mais aussi un défaut car si elle s'était fait une idée sur quelqu'un c'était très difficile de la faire changer d'avis. Si elle avait décidé de quitter un ami, un amant c'était très direct, pas de simagrées.

Un peu marseillaise sur les bords, elle avait une propension à grossir les choses du quotidien, les anecdotes. Du coup cela va dans le sens de ce que je disais précédemment, elle était très entière mais comme tout le monde elle avait plusieurs facettes. Elle ne montrait pas les traits de son caractère de fait son avis pouvait être compris différemment par certains.

Elle choisissait ses amies et aimait chacun pour des raisons différentes
Elle était très intuitive et se trompait quelque fois mais pas trop souvent.

Complexe elle apparaissait très monolithique et il fallait bien bien la connaître pour voir ses petites fêlures. Elle était tellement forte que si vous aviez une aiguille dans le bras, elle vous aidait à l'enlever, n'hésitant pas une seconde alors qu'elle en avait deux dans les jambes. Elle ne le disait que plus tard et si la conversation s'y prêtait. Elle ne voulait pas montrer ses faiblesses. "

"Elle n'a fait que travailler, et travailler encore. D'où la difficulté de séparer son œuvre de son caractère...."

Ma soeur était un feu d'artifice, beaucoup, beaucoup de travail et des facilités au départ.
On ne pouvait pas passer à côté sans le voir..."

"Quand je serai vieille je serai une vieille dame indigne"


S'il faut une conclusion au portrait de cette artiste disparue, pour autant que l'on puisse résumer une vie en quelques lignes, j'aime assez cette phrase citée par son amie Muriel Lecointe. C'est celle qui reflète sans doute le mieux la liberté gentiment provocatrice et boute en train de la personnalité haute en couleurs de Brigitte Savy. Du moins, c'est ce que j'en ai compris à travers les témoignages de ceux qui l'aimaient :


"Quand je serai vieille je serai une vieille dame indigne" disait-elle en rigolant...

Elle n'a jamais été vieille et encore moins indigne... mais on pourrait aisément l'imaginer !

 
Quelques uns de ses travaux













Hommage  : Gravures inédites de B.Savy et J.C Monot de 1986, exposées au Jardin de Victor et Jocelyne Caniato le samedi 27 mai 2017.







Pour retrouver l'oeuvre de Brigitte SAVY

myspace.com/brigittesavy

Gil Loison de l'école à la colle


Gil Loison de l'école à la colle 
En sortant du vieux Lyon... une exposition.
de Valérie Morales



De passage à Lyon il y a quelques semaines, j'ai découvert une exposition dont l'artiste m'a touchée par la simplicité bienveillante de son accueil et son humilité face à la qualité de son travail.  
Professeur de sport et artiste à la fois, il allie avec talent la rigueur et la sensibilité de ces deux disciplines.

Gil Loison, colle recycle... et crée des toiles avec du papier recyclé, de l'affiche au papier peint... 
Son oeuvre originale et poétique est le reflet de ses principales passions : sport, musique, voyages... 

Artiste aux multiples facettes il célèbre aussi avec sensualité la beauté féminine également largement représentée. 

C'est avec beaucoup de plaisir que l'on se retrouve dans l'univers simple doux et coloré de Gil Loison.

« Je dessine mon œuvre sur une grande feuille blanche et ensuite, tout comme un peintre apposant sa couleur sur la toile, je colle mes petits triangles de papier selon ma préférence sur mon tableau… Comme un puzzle !!!!
A la place des pinceaux, je travaille essentiellement avec les cutters, les ciseaux, pince à épiler et tubes de colle… » par Gil LOISON.

Sa biographie

Né en 1967 en France près de Lyon

Gil LOISON s’essaie aux premiers dessins au fusain vers l’âge de 13 ans

Sa passion dès le plus jeune âge est le sport (la gymnastique ARTISTIQUE aux agrès qu’il a débuté à 4 ans)

Il veut à l’adolescence également, s’évader un peu plus dans ses rêves par ses 1er dessins et poèmes avec une première exposition dans son propre collège sous l’insistance de certains camarades de classe

Son premier tableau, il le réalise à 14 ans sur un grand Buvard de 50 X 70 cm ou il représente à l’aquarelle, des figures géométriques et des lettres dans tous les sens….

Mais , ce n’est que depuis les années 2000 que GIL LOISON s’est mis plus « concrêtement » à la pratique ARTISTIQUE…..

Il s’essaye à l’aquarelle, aux pastels, à la peinture à l’huile puis explore la technique du collage en observant le travail de MARIA BERLIOZ, une amie artiste de Lyon, qui lui confère quelques petites astuces dans le domaine et surtout le pousse à faire ses premières EXPOS autour de LYON…

FAN du travail surréaliste de S. DALI ainsi que de celui de PICASSO, il aime représenter les grands espaces, la sensualité du corps féminin et l’univers de la femme en général ainsi que l’évasion en rapport avec l’eau .

Son travail consiste à récupérer et à recycler des morceaux de papiers provenant de chutes de tapisseries, de pubs, de vieilles affiches déchirées et autres documents de différentes couleurs pour en faire des TABLEAUX ARTISTIQUES….

Quelques unes de ses oeuvres













Sa dernière exposition




Adresse Facebook : Gil Loison, collages artistiques

samedi 1 avril 2017

Vermeer, une veritable "perle" de la peinture Hollandaise



"La jeune fille à la perle" le trésor de Vermeer
par Valérie Morales.

Qu'est ce qui rend cette oeuvre unique et comment expliquer l'inexplicable ? Car "La jeune fille à la perle" n'est pas l'oeuvre de Vermeer qui l'a rendu célèbre... et cependant elle l'a rendu incomparable.

Tout le monde connaît "La laitière" et "La dentellière" rendus célèbres dans notre monde moderne par la publicité. 
La plupart d'entre nous reconnaissent les ambiances des scènes intimistes à la Vermeer avec ses jolis clairs obscurs, ou encore ses paysages lumineux comme "La Vue de Delft". Tout comme aujourd'hui où l'on peut voir vivre les hollandais à travers les fenêtres de leurs maisons, les peintures de Vermeer témoignent  de la vie quotidienne du 17eme siècle. Ses personnages, notables, ou simples artisans acteurs dans ces scènes "dites de genre" intriguent et fascinent. 
"La jeune fille à la perle" quant à elle, nous touche profondément.

Si un cinéaste a su rendre crédible l'idée d'une histoire d'amour platonique et inavouable entre le peintre et sa servante, c'est sans doute que l'amour a joué son rôle. 
Quelle que soit la véritable histoire de cette oeuvre, ou que l'on veut lui prêter, on ne peut s'empêcher d'être sensible à la pureté ingénue de la jeune femme. 

C'est certainement une forme de cette émotion unique, quel que soit le nom qu'on lui donne, qui a servi le peintre dans un "instant" de grâce. Il ne s'agit pas seulement de la délicatesse des traits, ni de la lumière qui éclaire le velouté de la peau ou le modelé tout en rondeur de son visage enfantin ou encore de cette jolie pudeur dans son regard alors qu'elle s'expose au maître.  

Il y a là une vraie femme d'une authentique simplicité. C'est cette beauté-là que le peintre sublime par son oeil débordant de tendresse et de respect, qui révèle le meilleur de lui-même... et à mon sens de son oeuvre !

"Une minute de la vie du monde passe", a dit Cézanne, peins-la comme elle est."


"Comment parler de Vermeer après tant de maîtres qui en ont parlé de façon incomparable?
Mais comment ne pas en parler surtout quand est proposée à Paris, au MUSEE DU LOUVRE, une exposition rassemblant douze de la trentaine de toiles du génial peintre de Delft?"

"C'est le temps que peint Vermeer. Pas le temps proustien, qui foisonne, se ramifie et se plaît en méandres, ce temps qui coule en butant surtout et en se mêlant de tout, mais la persévérance en acte, le temps, qui n'est rien de senti, de la chose qui dure, le temps fondamental et immobile de la présence." dit Gilles Aillaud dans le livre "Vermeer" de John Michael Montias, Albert Blankert et Gilles Aillaud

Pour Malraux, dans "la Monnaie de l'absolu", "L'histoire de l'art tout entière, quand elle est celle du génie, devrait être une histoire de la délivrance."



(Extraits du Huffington Post 23 Mars 2017)

Alors voilà, sans doute ce dont il s'agit cette impression de temps suspendu de rédemption de grâce infinie et d'amour retenu... 

Comme illuminé, transcendé, le peintre rend compte de tout ce que sa sensibilité perçoit et nous le dévoile avec une sincérité absolue. 

Dans sa vie austère, un quotidien morose sans doute, malgré le ciel chargé des Pays Bas, une lumière étrange illumine ses toiles. Il se livre et se délivre...
La délivrance, voilà précisément ce qui nous concerne et nous touche tous... infiniment.


Une explication sans doute.



Au musée du Louvre du 22 février au 22 Mai 2017 : "Vermeer et les peintres de genre"











Biographie 

Johannes ou Jan Vermeer est un peintre néerlandais du xviie siècle, né à Delft (Pays Bas) en 1632, mort en cette même ville en 1675.

Moins d'une quarantaine de tableaux de Vermeer sont parvenus jusqu'à nous. Ils sont répartis dans des musées, en Europe et aux États-Unis, ou dans des collections particulières. Certains d'entre eux sont signés ; d'autres ne lui sont pas attribués avec certitude.

En vingt ans, de 1655 à 1675, Vermeer a peint principalement des portraits et des intérieurs montrant des scènes de la vie domestique, auxquels s'ajoutent quelques sujets religieux et un paysage, la Vue de Delft.

Son style est raffiné. Il travaillait lentement et avec méticulosité. Ses œuvres se distinguent par des couleurs claires, avec une prédilection pour l' outremer et le jaune, la maîtrise dans le traitement de la lumière et une composition idéale, créant une impression de paix dans un monde parfait.

Après avoir été pratiquement oublié durant près d'un siècle, Vermeer fut redécouvert au milieu du XIXe siècle. Il est à présent reconnu, avec Rembrandt, comme l’un des plus grands peintres du siècle d'or néerlandais.

Vermeer était un peintre de genre. Il ne semble jamais avoir été particulièrement riche, laissant sa femme et ses enfants dans les dettes à sa mort, peut-être parce qu'il produisit relativement peu de peintures. Vermeer travaillait lentement et avec beaucoup de soin, en utilisant des couleurs vives et des pigments quelques fois coûteux, avec une préférence pour le bleu électrique et le jaune. Il est particulièrement célèbre pour son traitement magistral de la lumière.

Vermeer peignait surtout des scènes d'intérieur. Presque tous ses tableaux ont apparemment été réalisés dans deux chambres de sa maison de Delft. Ils montrent les mêmes meubles et les mêmes décorations dans des arrangements différents et ils dépeignent souvent les mêmes personnes, principalement des femmes.

Connu de son vivant à Delft et La Haye, sa modeste célébrité a cédé la place à l'oubli après sa mort. Il a été à peine mentionné dans le livre de Arnold Houbraken, la principale source sur la peinture hollandaise du 17e siècle et a donc été omis dans les recherches ultérieures sur l'art néerlandais pendant près de deux siècles. Vermeer a été redécouvert au 19e siècle par Gustav Friedrich Waagen et Théophile Thoré-Bürger qui ont publié un essai lui attribuant 66 tableaux, bien que seulement 34 toiles lui soient universellement attribuées aujourd'hui. La réputation de Vermeer a augmenté avec le temps et il est maintenant reconnu comme l'un des plus grands peintres de l'âge d'or hollandais.

La réputation de Vermeer a augmenté avec le temps et il est maintenant reconnu comme l'un des plus grands peintres de l'âge d'or hollandais.

On en sait relativement peu sur la vie de Vermeer. Il semble s’être exclusivement consacré à son art, vivant dans la ville de Delft, en Hollande-Méridionale. Au 19e siècle, les seules sources d'information étaient certains registres, quelques documents officiels et les commentaires d'autres artistes. Comme la plupart des peintres de son temps, Vermeer a probablement d'abord exécuté ses peintures tonales en utilisant soit des nuances de gris ou une palette limitée de bruns et de gris sur lesquels des couleurs plus saturées ont été appliquées sous forme de glacis. Vermeer produisait des couleurs transparentes par l'application sur la toile de peinture en couches faiblement granuleuses, une technique appelée pointillée, à ne pas confondre avec le pointillisme. Aucun dessin n’a été attribué à Vermeer et ses peintures offrent peu d'indices quant à ses méthodes de préparation.

David Hockney, entre autres historien et défenseur de la thèse Hockney-Falco, a émis l'hypothèse que Vermeer aurait utilisé une chambre noire afin de créer un point de vue précis dans ses compositions, affirmant que cette hypothèse est soutenue par certains effets de lumière et de perspective dans les oeuvres du peintre. Toutefois, les historiens contestent cette théorie de l'utilisation de la chambre noire disant que, mis à part la précision du reflet dans le miroir observé au-dessus du piano dans La leçon de musique, il n'existe aucune preuve historique concernant l'intérêt de Vermeer pour l'optique. De plus, l'inventaire détaillé des biens de l'artiste rédigé après sa mort ne comprend pas de chambre noire ni d'autre dispositif similaire. Bien que Philip Steadman ait établi que six des tableaux de Vermeer auraient eu exactement la bonne taille pour être placés dans une chambre noire, de façon à ce que les images soient projetées sur le mur du fond de son atelier, les plus récentes théories à ce sujet suggèrent que Vermeer eut utilisé un simple miroir pour concevoir ses effets de perspective aussi précis.

Inspiré des observations de Léonard de Vinci au sujet des couleurs voulant que la surface de chaque objet participe à la couleur de l'objet adjacent, Vermeer utilisait des couleurs des pigments de couleur hors de prix afin de créer les reflets colorés de ses scènes intérieures très éclairées : des couleurs de terre comme l'ocre et l'ambre et des pigments bleus comme la poudre de lapis-lazuli. De cette façon, il arrivait à créer un monde plus parfait que tout ce qu'il avait vu.

Un exemple encore plus remarquable et efficace des reflets créés par l'utilisation de ces couleurs dans ses tableaux est visible dans La fille au verre de vin. Les ombres de la robe de satin rouge sont créés grâce à l'application d'une couche de peinture bleue sous-jacente au rouge vermillon. Le mélange appliqué acquière un aspect légèrement pourpre, incroyablement puissant.

Puisque Vermeer a continué d'utiliser généreusement ces pigments dispendieux même après la crise économique de 1672, certains avancent que Vermeer était fourni en matériel d'art par un collectionneur. Cette hypothèque coïncide avec la théorie de John Michael Montias selon laquelle Pieter van Ruijven était un mécène de Vermeer.

Ses œuvres sont généralement des pièces de genre et des portraits, à l'exception de deux paysages urbains et deux allégories. Ses sujets offrent une coupe transversale de la société néerlandaise du XVIIe siècle, allant de la représentation d'une simple trayeuse au travail, au luxe et à la splendeur des riches notables des navires marchands dans leurs maisons spacieuses. Outre ces sujets, du religieux, des commentaires poétiques, musicaux et scientifiques peuvent également être trouvés dans son travail.