samedi 4 février 2017

Alfons Mucha ... et ses Mucha-chas !


Alfons Mucha... l'homme qui aimait... les Mucha-chas !
Ceux qui n'ont pas connu les calendriers Mucha dans les cuisines de nos grand-mères "ne peuvent pas comprendre"...
C'est la génération Mucha, qui en puisant tout au fond de sa mémoire peut réaliser à quel point ces images ont marqué nos esprits.




Alors qu'enfants nous guettions un bonbon, un gâteau, tournant autour de leurs jupons, nos grand-mères et arrière-grand-mères cuisinaient, s'affirmaient ou rêvaient de le faire....
Nos aïeules du début du siècle dernier, femmes au foyer, actrices, artistes..., de toutes conditions et de nombreux pays ont souvent été accompagnées par les femmes de Mucha. A travers les fameux calendriers mais aussi les boites à gâteau, à sucre, les calendriers, les couvertures de magazines, et surtout les affiches.... elles engendraient déjà sans doute sans le savoir les espoirs des femmes d'aujourd'hui.... 

Alfons Mucho le Botticelli de l'Art Nouveau ? 

Comme lui il les peignant en révélant leur grâce et leur délicatesse, comme lui, il touche au divin en les révélant dans des allégories reprenant des thèmes mythiques... 
Tel un Vivaldi il décline leur beauté à travers les 4 saisons dans une musique douce et harmonieuse aux tonalités légères.
Femmes de la vie moderne, de la mythologie, ou encore artistes de théâtre mythiques telles que Sarah Bernhardt, ce sont les femmes, ses muses, sur la plupart des affiches publicitaires comme dans ses oeuvres picturales. 
Contemporain de Gustav Klimt, célèbre peintre autrichien, il accompagne lui aussi ses femmes de décors floraux. Avec leurs chevelures flottantes et leurs formes harmonieuses enveloppées de drapés souples elles représentent un véritable hymne à l'amour et à la beauté.   






Paris et... Sarah Bernhardt


Très jeune Mucha se rend à Paris pour étudier à l'Academie Julian. A 27 ans il est le parfait artiste dépourvu d'argent et de commandes... un "crève la faim" comme tant d'autres.
Mais très rapidement il va transformer le monde de l'Art. 
Graphiste avant tout il dessine des bijoux des médaillons, des couvertures de livres des calendriers, des paravents...
Comme quelques autres artistes aussi démunis que lui, menant une vie de bohème, il dessine des illustrations populaires, histoire de survivre, adepte de l'Art Nouveau ("Arts and Crafts" de William Morris en Angleterre), dont le principe est de rapprocher l'Art au sens classique du terme et l'art populaire, où TOUT peut et doit devenir Art. 
Burne Jones crée le papier peint, Hector Guimard les stations de métro... Pour Mucha c'est le champagne et les scènes de théâtre sur des affiches de publicités à taille humaine qui font sensation.
A ce moment-là c'est aussi l'explosion de l'impressionnisme et du symbolisme. 
Mucha rencontre Gauguin, crée avec lui le Bal des Quat'z Arts et réalise un catalogue de portraits d'après des photographies. Il constitue alors un véritable témoignage des femmes de l'époque dans des illustrations très personnelles.
Car malgré tous ces courants émergents, et comme Sinatra dans la chanson, Mucha "did it his way" c'est à dire "qu'il le fit à sa façon". 
Et c'est sans doute ce qui, (chance ou destinée ?), lui fait rencontrer la grande actrice Sarah Bernhardt. Elle l'engage en 1894 pour réaliser l'affiche de "Gismonda" et leur talentueuse association dure 6 ans. 
Paris se couvre des grandes affiches de Mucha que les amateurs n'hésitent pas à découper tant elles ont acquis de notoriété. Les pièces de théâtre se succèdent avec les affiches de Lorenzaccio, "la dame aux camélias", "Hamlet et Médée" puis "la pucelle d'Orléans" quelques années plus tard. Les affiches et les décors de théâtre aussi... à New York, Paris et à Prague. 

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L'épopée slave

On ne peut évoquer Alfons Mucha sans cette oeuvre gigantesque qui occupa dix ans de sa vie à son retour des Etat Unis de 1910 à 1928 et qu'il considéra comme son oeuvre maîtresse.
L'épopée Slave est une oeuvre constituée de 20 tableaux, représentant un monde né de l'imagination de l'artiste. Librement inspiré de l'histoire des Slaves de l'origine jusqu'au 19eme siècle, c'est son oeuvre testament artistique et politique. C'est pourquoi il persévérait obstinément dans son immense travail, se souciant peu de critiques des contemporains selon lesquels l'oeuvre était un anachronisme déjà à l'époque de sa naissance.
"Il ne faut surtout pas regarder ces tableaux comme un manuel de l'histoire", avertit aujourd'hui l'historienne de l'art Lenka Bydzovska.
"Il s'agit d'un monde fictif créé par l'artiste lui-même pour répondre à ses propres intentions"

Cette œuvre a été présentée à Prague le 28 octobre 1928 à l'occasion du dixième anniversaire de la Tchécoslovaquie.





A l'époque de sa mort en 1939 le style d'Alfons Mucha était déjà dépassé mais l'intérêt pour cet art est réapparu dans les années soixante et continue aujourd'hui à inspirer et influencer les plus grands illustrateurs contemporains.



jeudi 29 décembre 2016

A propos de Catherine ...

Catherine Muzeau de la clarinette au collage et du collage à la peinture



Catherine Muzeau n'avait jamais pensé qu'elle pourrait peindre, elle ne pensait même pas qu'elle devrait. Elle était clarinettiste. Musicienne et professeur au conservatoire de Nice, elle enseignait et performait depuis des années maintenant et cela lui allait très bien.
Et puis un été un peu plus oisif, une période de vie où l'on se questionne un peu davantage, un temps hors du temps, on se découvre une nouvelle passion et l'on se redécouvre soi-même...
C'est un peu comme cela que tout à commencé.
Presque comme un jeu. D'abord avec les gommettes, les collages que font les enfants. Puis on ajoute des pierres qui brillent sur la toile vierge et qui font rêver d'un autre monde, inconnu.
Ce monde de la création, Catherine Muzeau s'en est approchée pas à pas, sans attente et sans urgence. Comme une écolière tranquille elle s'amusait avec ses pinceaux ses gouaches et ses crayons de couleur lorsqu'elle rentrait chez elle.
Et la peinture vint... l'envie et les idées qui fusent, qui se précisent, qui s'ennoblissent avec les couleurs qui explosent et les textures qui se juxtaposent.
L'artiste peintre crée son style et l'enrichit. Comme une naissance elle est mère encore une fois et son nouveau né ne fait que grandir et embellir.
Les couleurs et les sujets beaucoup inspirés de la nature environnante, le ciel, la mer, les arbres... Le domaine aquatique est largement représenté avec des marines aux couleurs azuréennes qui évoquent la niçoise imprégnée de la lumière éclatante de la Côte d'Azur. 
Quelques toiles plus sombres représentant d'autres éléments marins, des algues noires comme de l'encre, ou serait-ce des mouvements d'humeurs ...?
Avec candeur et simplicité Catherine Muzeau révèle par sa peinture une belle sensibilité toute en nuances, avec beaucoup d'humilité et de candeur.

Collages et gommettes

Hommage à Chagall

Journée de la femme
Volutes pastels gras
Bonsaï

Quand la peinture commence à s'imposer ...

la pie voleuse



Thèmes aquatiques












Thèmes divers

Chien poisson perroquet

Oeil bleu

Oeil egyptien

Rochers cuivrés

Torrent d'Or
Dernières oeuvres


Schwarzwald
La grotte
la plume bleue

dimanche 4 décembre 2016

Bernard Buffet - Un peintre à "contre-courant"



Rétrospective sur un peintre controversé
par Valerie Morales

A "contre-courant" Bernard Buffet ? Ou juste rebelle, indépendant, authentique, suivant ses propres modes.... bref, libre !
Et s'il avait choisi de ne pas accepter de rentrer dans le moule, l'art conceptuel, comme ils l'appellent, ceux de sa génération, les gens "tendances", "branchés"... et si lui, n'en avait rien à faire? 
Alors on l'aime ou on le déteste... comme tous les gens trop "différents". 

Comme beaucoup d'artistes en marge, Bernard Buffet n'a pas toujours été compris. Issu d'une jeunesse existentialiste ayant vécu les horreurs de la guerre, il exprime sa sensibilité à sa manière, sans jamais déroger à ses valeurs humanistes.
On lui demande de l'abstrait, il renoue avec le portrait. On espère du renouveau, de la joie de vivre après les affres de la guerre et voilà qu'il nous sert des visages longs inexpressifs aux teintes grisâtres et tristes.
Quant à la modernité... Quand on voit qu'il s'inspire de Courbet ou de Rembrandt et renoue même avec les thèmes religieux à la fin de sa vie... il y a de quoi s'étonner, se questionner.

Est ce par ce qu'il est contre les dictas de la mode et d'une certaine intelligentsia qui régie les règles de l'art moderne ? Est ce cette insolente précocité avec laquelle il s'impose très jeune parmi les plus grands ? Ou cette façon bien à lui de défendre avec ardeur l'art figuratif en s'insurgeant "violemment contre l'abstraction" comme il le dit lui-même ?

Lorsque dans les années 60 il s'affiche dans le milieu de la jet set avec un succès commercial comparable à celui de Picasso, ses détracteurs apparaissent.

Il est soudainement accusé par certains de vulgariser, de banaliser l'art. En réalité c'est le précurseur d'une véritable vague qui influencera bien des générations d'artistes après lui.
Car au delà de ses clowns, ses bouquets sur cartes postales, tasses à café ou pochettes de disques, et autres produits dérivés, Bernard Buffet avec sa technique et une signature inimitables reste un des derniers grands portraitistes.

Il représente le témoin intègre d'une génération d'après-guerre blessée, dans une misère physique et morale, en perte de repères. Le personnage n'est plus en représentation. C'est une peinture immédiate, qui se passe de tout commentaire, l'expression d'une vérité pure et simple, d'un fait, d'un état d'âme.
C'est dans ce désarroi, que l'artiste  d'une émotivité extrême puise son inspiration. En véritable humaniste il peint des corps dénudés décharnés. Et ce faisant, met doublement l'âme humaine à nu.
Evidemment tout cela a pu en déranger quelques-uns...

En 1954 il tutoie les maîtres avec "L'ange de la mort" que l'on compare à "La guerre" du douanier Rousseau et sa côte remonte.
En 1955 il est finalement reconnu meilleur peintre de sa génération grâce à son exposition autour du cirque. Novatrice et ultra moderne elle dépeint un thème ludique dans un style tragique et marque le début d'un grand succès. C'est depuis cette période que Maurice Garnier organise pour lui une exposition chaque année dans sa galerie.

Alors imposteur ou précurseur ? Horriblement beau ou magnifiquement affreux ? Aujourd'hui on s'interroge.
Alors, jaloux de son succès ou de sa liberté ?
Et si on lui en avait juste voulu d'être "VRAI" à Bernard Buffet ?
Car c'est encore "en toute liberté" qu'il choisit de se donner la mort en 1999. Atteint de la maladie de Parkinson et désormais privé de sa raison de vivre, la faculté de peindre, il se suicide en 1999.








Rétrospective Musée d'art Moderne à paris Du 14 octobre 2016 au 26 février 2017

Une œuvre figurative au temps de l’abstraction

"Le caractère longtemps controversé de l’œuvre de Bernard Buffet a reporté un projet de rétrospective pourtant né il y a dix ans au sein du Musée d’Art moderne de la ville de Paris, seule institution publique détenant une important collection d’œuvres du peintre. La production prolifique de celui-ci a imposé un choix de tableaux forcément sélectif mais représentatif de la qualité et de la richesse de l’œuvre de Bernard Buffet. L’ensemble de sa carrière est retracé au fil d’un parcours chronologique.

L’exposition débute en resituant les premières œuvres de Bernard Buffet dans le contexte artistique de l’après-guerre. Dès ses prémisses, la démarche créative du peintre se place en opposition avec les tendances de son époque et se nourrit de paradoxes. Alors que le milieu artistique est agité de remises en question du réalisme et de la figuration, Bernard Buffet se consacre à des descriptions de scènes du quotidien parfaitement figuratives, comme en témoignent les toiles L’Atelier, La Ravaudeuse de filets ou encore Le Buveur, réalisées respectivement en 1947, 1948 et 1949. Alors que l’époque est au rejet du sujet, il s’intéresse à la peinture d’histoire.
Un style austère et mélancolique

La contradiction s’impose également entre un style pictural d’une grande sobriété, inspiré par des sujets austères et mélancoliques, et un train de vie aisé. Dès ses débuts, la peinture de Bernard Buffet est caractérisée par un coup de pinceau qui ne changera pas : le contour des motifs sont soulignés d’un trait noir plus ou moins épais, de multiples griffes parsèment souvent la toile en tous sens, dressant les lieux et les personnages par des mouvements vifs qui renforcent leur dureté. Les teintes sont ternes, assombries par une éternelle grisaille.

L’exposition rend compte des thématiques récurrentes dans l’œuvre de Bernard Buffet. Les motifs favoris tels que les natures mortes, les clowns et les autoportraits côtoient ainsi des sujets que le peintre a abordés dans chacune de ses expositions annuelles. Le grand tableau Le Poulpe géant, de la série Vingt mille lieues sous les mers, et L’Enfer de Dante témoignent des inspirations littéraires et celui intitulé La Passion du Christ, des inspirations religieuses et mythologiques, tandis que les tableaux Les Oiseaux, La Mort et Les Folles relèvent de cycles allégoriques. On redécouvre également l’intérêt de Bernard Buffet pour la peinture d’histoire avec la large toile L’Ange de la guerre mais surtout celui pour l’histoire de la peinture, à laquelle il s’est régulièrement confronté. En témoignent les œuvres Le Sommeil d’après Courbet, La Leçon d’anatomie d’après Rembrandt et une série revisitant les memento mori médiévaux."

Bernard buffet, un artiste hors norme mal aimé ou juste victime de son succès?

On pourrait dire que "Bernard Buffet est à la fois considéré comme l’un des plus importants peintres français du XXe siècle et le plus mal aimé. Certains l’adulent, les autres le détestent... Cependant le succès commercial et la reconnaissance du « grand public » n’étaient nullement compromettants, bien moins que l’intérêt et la faveur de « professionnels » suspects d’élitisme et d’entre-soi, méprisant les choses et les sentiments simples. Cet argument, entre démagogie et populisme, est aujourd’hui largement employé dans les discours politiques, et Buffet en a fait lui-même usage pour se poser en héros du bon sens et de l’instinct."
Extrait du journal "Le Monde" octobre 2016









lundi 7 novembre 2016

Frida Kahlo "La force brisée" 1907-1954


Frida Kahlo "La force brisée" 1907-1954
de Valerie Morales


"Je ne suis pas malade, je suis brisée . Mais je me sens heureuse de continuer à vivre tant qu'il me sera possible de peindre".

Femme forte et fragile à la fois, comme l'évoque son oeuvre "les deux Frida", le personnage de Frida Kahlo, sorte d'égérie d'une étonnante modernité est une histoire tragiquement belle.

Quel étrange paradoxe dans le vécu de cette peintre mexicaine au destin tragique et extraordinaire à la fois. Son oeuvre est le témoignage vibrant d'une lutte intense entre passions et souffrances.
Tout dans la vie de Frida Kahlo semble un combat d'une force extrême. Sa manière de revendiquer la vie force l'admiration, suscite le respect. Un personnage à vif...et cependant... totalement inspirant !

Frida Kahlo, qui a passé la plus grande partie de son existence allongée dans son lit, prisonnière de son état et de ses souffrances, est l'exemple parfait de l'artiste qui a su transcender sa souffrance à travers la peinture.

Elle représente une leçon de vie de courage et d'amour pour laquelle la résilience réside dans l'art.

Jeune mexicaine émancipée, étudiante en médecine, engagée politiquement, Frida Kahlo est victime d'un accident à l'âge de 18 ans et passe la plus grand partie de son existence prisonnière de son lit et de ses souffrances... jusqu'à l'intolérable parfois.

Entre les interventions chirurgicales à répétition et le port d'un corset orthopédique qui atteignent à la fois son corps et sa condition de femme.

Elle se choisit comme modèle, puisque c'est tout ce qu'elle peut voir, au moyen d'un miroir au dessus de son lit. Sans complaisance elle peint avec un regard lucide son propre corps mutilé, transpercé de part en part lors de l'accident et rendu infertile.



C'est avec ce même regard au vitriol qu'elle peint la femme blessée, lorsqu'elle divorce de Diego Rivera.
"Les deux Frida", est l'oeuvre qui représente le mieux la dualité de sa personnalité.
Bafouée par l'homme qu'elle aime et qui la trompe, on voit dans cette peinture une Frida fière presque dominatrice avec un coeur intact faisant face à sa jumelle fragile qui souffre par amour et dont le coeur saigne.

Son histoire a inspiré une très belle adaptation cinématographique joué par l'actrice Salma Hayek en 2002. "Frida" est un film américain de Julie Taymor qui relate la vie de la peintre en s'inspirant du livre que lui a consacré Hayden Herrera.





Biographie

"Née à Coyoacán (Mexique) le 06/07/1907 ; Morte à Coyoacán (Mexique) le 13/07/1954

Artiste peintre, Frida Khalo est l'une des plus grandes figures de l'art mexicain du XXe siècle. Auteur de plusieurs centaines de tableaux, dont de nombreux autoportraits, elle est célèbre pour ses toiles réalistes, qui sont le reflet de ses passions et sa souffrance, mais aussi du Mexique.

Née en 1907, elle entre en école préparatoire en 1922 et souhaite étudier la médecine. Mais, en 1925, un accident de bus la laisse gravement blessée, notamment aux jambes et à la colonne vertébrale. Elle doit rester de longs mois alitée et porter des corsets. Pour pallier ce manque d'activité, Frida commence à peindre et sa mère lui installe un miroir au-dessus de son lit. C'est ainsi qu'elle commence à réaliser ses célèbres autoportraits, notamment l'"Autoportrait à la robe de velours", en 1926. En 1928, ayant recouvré presque toute sa mobilité, Frida Khalo s'inscrit au Parti communiste. Cette même année, elle rencontre le peintre très connu Diego Rivera et lui montre quelques-uns de ses tableaux. C'est le début d'une histoire d'amour tumultueuse. En 1929, ils se marient et s'installent l'année suivante à San Francisco, où Frida rencontre de nombreux artistes. Mais elle subit deux fausses couches en 1930 et 1932. Elle peint "Henry Ford Hospital ou le lit volant" durant sa convalescence et souhaite rentrer au Mexique.

En 1938, Frida Khalo rencontre André Breton à Mexico. Grâce à lui, cette même année, elle peut exposer ses oeuvres dans la galerie de Julien Levy, à New York. Elle vend de nombreux tableaux. En 1953, une première exposition de son oeuvre est organisée à Mexico. Mais durant l'été, on doit lui amputer la jambe droite. Elle meurt en 1954 à 47 ans et laisse des oeuvres importantes telles que "Quelques petites piqûres"(1935), ou encore "La Colonne brisée" (1944)."



vendredi 21 octobre 2016

Peter Lindbergh "L'homme qui aimait les femmes" - Exposition à Rotterdam sept 2016 à Fev 2017






Peter Lindbergh "L'homme qui aimait les femmes" par Valérie MORALES 




Quand elles étaient petites filles, les futures mannequins avaient certainement les mêmes rêves que la plupart des autres enfants de leur âge : être aimées "telles qu'elles étaient"...

Peut-être même que certaines d'entre elles aussi étaient complexées, à un âge où on est si exigeant et si critique envers soi-même.

Puis l'âge de la valorisation de soi vient, les premieres boutiques où l'on suit les copines pour être à la mode, le maquillage pour séduire à tout prix. 

Des régimes drastriques aux opérations de chirurgie esthetique, des contraintes impitoyables de la beauté jusqu'à la photo "parfaite" sur papier glaçé, une fois enlevés les fards et les crèmes de beauté, même quand elles sont enfin choisies, reconnues, mais pour un temps si éphémère... que reste-t-il d'elles- mêmes ?

Pour Peter Lindbergh" Etre soi c'est la définition même de la beauté"

Peter Lindbergh est un photographe allemand qui a su le premier rendre aux mannequins leur humanité aux jeunes femmes. comme un père aimant, il leur donne vie une deuxième fois. Il leur offre l'authenticité, une vision de leur "vraie beauté" en noir et blanc, au naturel, sans fards, ni paillettes.

Créant une nouvelle génération de top modeles, il les emmène dans la rue et surtout dans la vraie vie. Grâce à lui, elles deviennent de vraies personnalités.

Désormais plus de regards, figés, lointains, de tenue rigide. Il libère leurs mouvements, leurs expressions même.

Elles peuvent rire pleurer et être elles mêmes ces idoles sur papier glacé ne sont plus froides et hautaines mais simplement humainement belles.

Actrices, top modèles ou danseuses, que ce soit Pina Bausch Kate Moss ou Madonna, leurs vies se libèrent sous son oeil cinématographique avec l'energie et la grâce sensuelle du véritable mouvement féminin.




























100 photos de Peter Lindbergh pour la liberté de la presse avec "Reporter sans frontières" - Septembre 2014


"Reporters sans frontières est fière d’ouvrir ses pages à celui qui fait entrer les plus grandes stars dans la légende. Peter Lindbergh s’engage en offrant ses plus beaux portraits de femmes. Il incarne à lui seul une page de l’histoire de la photographie de mode : le retour au noir & blanc, la vague des supermodels et l’avènement des shootings au naturel.
Le lecteur découvrira une refonte de la maquette intérieure de l’album, avec des contenus plus forts, plus engagés, plus pédagogiques: des articles inédits sur la situation de la liberté de la presse en Corée du Nord, au Zimbabwe et en Finlande, des portraits d’héroïnes et de héros de l’information de Reyot Alemu en Éthiopie à Zaw Phay en Birmanie en passant par la Syrie avec Mazen Darwish.

Mais aussi le portrait du photographe par le journaliste Jean-Sébastien Stehli et un hommage de la grande reporter Anne Nivat à sa consoeur Camille Lepage, tuée en mai dernier en Centrafrique."




Exposition "Peter Lindbergh" 10 septembre 2016 au 12 février 2017. A Rotterdam Musée Kunsthal
"Une vision différente sur la photographie de mode" 
"La rétrospective "Un regard différent porté sur la photographie de mode" rend hommage à l'œuvre multidimensionnelle de Peter Lindbergh de 1978 à nos jours. " L'exposition phare de la rentrée, c'est peut-être celle-là : au Kunsthal de Rotterdam sont rassemblés près de 40 ans de photos signées Peter Lindbergh. Dont les clichés noir et blanc de top models ont révolutionné la photo de mode dans les années 80.
"Rotterdam était en ébullition vendredi dernier avec l'ouverture de « Peter Lindbergh – A Different Vision on Fashion Photography » en présence du célèbre photographe et de quelques-uns de ses modèles emblématiques des années 80/90.

Depuis plus de 40 ans, le photographe allemand marque de sa patte le monde de la mode mais aussi celui de la photo. Parce qu'il photographie « en toute honnêteté » des top models dont il sait à chaque fois capter l'essence vraie, parce qu'il magnifie les vêtements et le make-up en les prenant moins en compte que l' "être" devant son objectif, parce qu'il travaille en ayant en tête le génie créatif des couturiers pour lesquels il shoote et non les ventes des collections, parce qu'il a inspiré bien des photographes, parce que les mannequins (toutes!) l'adorent alors qu'il ne joue pas le jeu social du petit monde « fashion », Peter Lindbergh est un cas à part, un personnage fascinant." 




Eva Herzigova, Nadja Auermann, Cindy Crawford, Tatjana Patitz, Karen Alexander & Helena Christensen, Catalina Beach Club, New York, USA

L'homme qui pense que l'on peut tout à fait se débarrasser de Photoshop, c'est lui. La preuve par une phrase qui termine l'expo : « Cela devrait être de la responsabilité des photographes d'aujourd'hui de libérer les femmes et finalement tout le monde, de la terreur induite par la jeunesse et la perfection ».Il traque les "traces of life" comme autant de trésors sur ses modèles. Ce faisant, il offre une photo de Jeanne Moreau à plus de 70 ans qui est juste phénoménale.
Peter Lindbergh a introduit un nouveau réalisme dans la photographie grâce à des clichés intemporels redéfinissant les normes de la beauté. Son langage visuel se nourrit du langage cinématographique tout en jouant avec le modèle de la femme forte et volontaire, de la femme fatale à l'héroïne, en passant par la danseuse et l'actrice. Son œuvre se caractérise par des portraits qui témoignent d'un certain manque d'inhibition et d'une grâce physique.

Non Lindbergh est un photographe du corps, du mouvement, de l'esprit, de la peau ! Le photographe explique que ce n'est pas parce que l'on fait des photos de mode que l'on peut « tout simplement ignorer le monde entier qui se trouve en face de vous. Ce serait si facile de réduire la photo de mode à n'être que de la mode ». Il a photographié son amie danseuse Pina Bausch, mais aussi Mads Mikkelsen, Charlotte Gainsbourg, Alicia Vikander, Uma Thurman, Julianne Moore... Des actrices et acteurs qui ne jouent plus.
"Le plus profond, c'est la peau" a écrit Paul Valery. Peter Lindbergh le prouve par la photo. Il a même réussi une photo troublante de Kate Moss en 2015. Qui n'est plus juste top model mais totalement elle."