vendredi 21 octobre 2016

Peter Lindbergh "L'homme qui aimait les femmes" - Exposition à Rotterdam sept 2016 à Fev 2017






Peter Lindbergh "L'homme qui aimait les femmes" par Valérie MORALES 




Quand elles étaient petites filles, les futures mannequins avaient certainement les mêmes rêves que la plupart des autres enfants de leur âge : être aimées "telles qu'elles étaient"...

Peut-être même que certaines d'entre elles aussi étaient complexées, à un âge où on est si exigeant et si critique envers soi-même.

Puis l'âge de la valorisation de soi vient, les premieres boutiques où l'on suit les copines pour être à la mode, le maquillage pour séduire à tout prix. 

Des régimes drastriques aux opérations de chirurgie esthetique, des contraintes impitoyables de la beauté jusqu'à la photo "parfaite" sur papier glaçé, une fois enlevés les fards et les crèmes de beauté, même quand elles sont enfin choisies, reconnues, mais pour un temps si éphémère... que reste-t-il d'elles- mêmes ?

Pour Peter Lindbergh" Etre soi c'est la définition même de la beauté"

Peter Lindbergh est un photographe allemand qui a su le premier rendre aux mannequins leur humanité aux jeunes femmes. comme un père aimant, il leur donne vie une deuxième fois. Il leur offre l'authenticité, une vision de leur "vraie beauté" en noir et blanc, au naturel, sans fards, ni paillettes.

Créant une nouvelle génération de top modeles, il les emmène dans la rue et surtout dans la vraie vie. Grâce à lui, elles deviennent de vraies personnalités.

Désormais plus de regards, figés, lointains, de tenue rigide. Il libère leurs mouvements, leurs expressions même.

Elles peuvent rire pleurer et être elles mêmes ces idoles sur papier glacé ne sont plus froides et hautaines mais simplement humainement belles.

Actrices, top modèles ou danseuses, que ce soit Pina Bausch Kate Moss ou Madonna, leurs vies se libèrent sous son oeil cinématographique avec l'energie et la grâce sensuelle du véritable mouvement féminin.




























100 photos de Peter Lindbergh pour la liberté de la presse avec "Reporter sans frontières" - Septembre 2014


"Reporters sans frontières est fière d’ouvrir ses pages à celui qui fait entrer les plus grandes stars dans la légende. Peter Lindbergh s’engage en offrant ses plus beaux portraits de femmes. Il incarne à lui seul une page de l’histoire de la photographie de mode : le retour au noir & blanc, la vague des supermodels et l’avènement des shootings au naturel.
Le lecteur découvrira une refonte de la maquette intérieure de l’album, avec des contenus plus forts, plus engagés, plus pédagogiques: des articles inédits sur la situation de la liberté de la presse en Corée du Nord, au Zimbabwe et en Finlande, des portraits d’héroïnes et de héros de l’information de Reyot Alemu en Éthiopie à Zaw Phay en Birmanie en passant par la Syrie avec Mazen Darwish.

Mais aussi le portrait du photographe par le journaliste Jean-Sébastien Stehli et un hommage de la grande reporter Anne Nivat à sa consoeur Camille Lepage, tuée en mai dernier en Centrafrique."




Exposition "Peter Lindbergh" 10 septembre 2016 au 12 février 2017. A Rotterdam Musée Kunsthal
"Une vision différente sur la photographie de mode" 
"La rétrospective "Un regard différent porté sur la photographie de mode" rend hommage à l'œuvre multidimensionnelle de Peter Lindbergh de 1978 à nos jours. " L'exposition phare de la rentrée, c'est peut-être celle-là : au Kunsthal de Rotterdam sont rassemblés près de 40 ans de photos signées Peter Lindbergh. Dont les clichés noir et blanc de top models ont révolutionné la photo de mode dans les années 80.
"Rotterdam était en ébullition vendredi dernier avec l'ouverture de « Peter Lindbergh – A Different Vision on Fashion Photography » en présence du célèbre photographe et de quelques-uns de ses modèles emblématiques des années 80/90.

Depuis plus de 40 ans, le photographe allemand marque de sa patte le monde de la mode mais aussi celui de la photo. Parce qu'il photographie « en toute honnêteté » des top models dont il sait à chaque fois capter l'essence vraie, parce qu'il magnifie les vêtements et le make-up en les prenant moins en compte que l' "être" devant son objectif, parce qu'il travaille en ayant en tête le génie créatif des couturiers pour lesquels il shoote et non les ventes des collections, parce qu'il a inspiré bien des photographes, parce que les mannequins (toutes!) l'adorent alors qu'il ne joue pas le jeu social du petit monde « fashion », Peter Lindbergh est un cas à part, un personnage fascinant." 




Eva Herzigova, Nadja Auermann, Cindy Crawford, Tatjana Patitz, Karen Alexander & Helena Christensen, Catalina Beach Club, New York, USA

L'homme qui pense que l'on peut tout à fait se débarrasser de Photoshop, c'est lui. La preuve par une phrase qui termine l'expo : « Cela devrait être de la responsabilité des photographes d'aujourd'hui de libérer les femmes et finalement tout le monde, de la terreur induite par la jeunesse et la perfection ».Il traque les "traces of life" comme autant de trésors sur ses modèles. Ce faisant, il offre une photo de Jeanne Moreau à plus de 70 ans qui est juste phénoménale.
Peter Lindbergh a introduit un nouveau réalisme dans la photographie grâce à des clichés intemporels redéfinissant les normes de la beauté. Son langage visuel se nourrit du langage cinématographique tout en jouant avec le modèle de la femme forte et volontaire, de la femme fatale à l'héroïne, en passant par la danseuse et l'actrice. Son œuvre se caractérise par des portraits qui témoignent d'un certain manque d'inhibition et d'une grâce physique.

Non Lindbergh est un photographe du corps, du mouvement, de l'esprit, de la peau ! Le photographe explique que ce n'est pas parce que l'on fait des photos de mode que l'on peut « tout simplement ignorer le monde entier qui se trouve en face de vous. Ce serait si facile de réduire la photo de mode à n'être que de la mode ». Il a photographié son amie danseuse Pina Bausch, mais aussi Mads Mikkelsen, Charlotte Gainsbourg, Alicia Vikander, Uma Thurman, Julianne Moore... Des actrices et acteurs qui ne jouent plus.
"Le plus profond, c'est la peau" a écrit Paul Valery. Peter Lindbergh le prouve par la photo. Il a même réussi une photo troublante de Kate Moss en 2015. Qui n'est plus juste top model mais totalement elle."

lundi 19 septembre 2016

Portrait d'une chanteuse : Stéphanie Morales, de l'opéra à Broadway Station



« Si c'était une couleur, sa voix serait noir et or »



Quelqu'un m'a assuré il y a quelque temps "que la musique avait une couleur".

Si c'est le cas, alors je veux bien, sur cette page dédiée à la peinture, parler d'une chanteuse, ma soeur, Stéphanie Morales. Elle dont la grâce et l'immense déclinaison de thèmes et de couleurs que sa nature artistique exprime, a tout d'une oeuvre picturale.

Oui c'est ma soeur, et je la connais mieux que quiconque, mais elle a toujours pourtant, et même à mes yeux, son jardin secret, et toute une "palette" de talents et d'inspirations à nous faire découvrir encore et encore...

Alors oui, si c'était une couleur sa voix serait noir et or :

Noire, car profonde, nous renvoyant à nos émotions les plus enfouies, de manière insidieuse, mystérieuse... et Or, parce que chaleureuse, lumineuse.

De la scène lyrique au théâtre de Broadway

Je suis certaine que ma soeur est née avec des fées au dessus de son berceau !

Du plus loin que je me souvienne j'ai toujours entendu Stéphanie gazouiller, chanter, faire des vocalises, jouer avec sa voix, jouer avec son corps en dansant, imitant et en jouant la comédie... Petite fille et fille d'artiste, grave ou drôle, mutine, charmeuse, espiègle et surtout mélomane... le show, c'était son truc avant que quelqu'un le lui apprenne.

Déjà à la petite école, elle nous susurrait les mélodies apprises à l'école d'une voix étonnamment maîtrisée et pleine avec une douceur qui nous remplissait d'émotions.

Puis elle s'est mise à imiter les chanteuses des comédies musicales américaines que nos parents regardaient à la télévision et qui ont certainement été les premières à nous révéler son étonnante virtuosité technique. Ses modèles de l'époque, c'était Jerry Lewis, Judy Garland et Fred Astaire.

Et c'est quelques années plus tard que ses idoles d'adolescente Elton John et Kate Bush furent détrônées par Mozart, grâce au film "Amadeus", une révélation pour elle.

Sous le signe de l'art Lyrique.

Il est vrai qu'elle est née à Aix en Provence, sous le signe de l'Art lyrique.

A Vienne elle part rencontrer le Roi Mozart et y trouve la Reine Rita Streich. A la Musikhochshule, où elle étudie le chant lyrique et la comédie musicale, elle est choisie par cette célèbre cantatrice. Hasard ou coïncidence ?

C'était elle notre Reine de la nuit dans "la Flûte enchantée de Mozart, racontée aux enfants" que nous écoutions petites filles. Mais ne dit-on pas qu'il n'y a pas de hasard ?

Un répertoire de variété américaine dans un écrin Jazz.


Depuis, Stéphanie Morales s'est transformée, comme une chrysalide se transforme en papillon, au fil des années et des belles rencontres.

De retour en France,elle se forme au Centre de Musique Baroque de Versailles et au CNSM de Paris, puis débute dans la troupe de l'Opéra National de Lyon .

Sous la direction musicale de Kent Nagano, ce sont des années lumineuses où elle interprétera de nombreux rôles d'opéra et d'opérette .

Mais c'est sa prestation remarquée dans « 50 Million Frenchmen » de Cole Porter, au côté de la diva américaine Kim Criswell ,qui la ramènera à ses premières amours.

Encouragée par cette dernière qui est impressionnée par l'aisance de la petite française, elle décide de créer son propre ensemble.

Fabien Attias , Directeur de la Cie Cala, charmé par sa musicalité proche de Barbra Streisand. est le premier à l'inviter au cours de sa Saison .



Ainsi naquit "Broadway Station"
.


Une fois le répertoire trouvé ( Hommage à Streisand et Sinatra ), et les sources d'inspirations puisées parmi les maîtres de la comédie musicale (Michel Legrand, Cole Porter, Stephen Sondheim.. ) ce qui avait démarré en duo avec Fredéric Gignoux, s'est peu à peu étoffé par coups de cœur successifs, avec quatre musiciens qui lui ressemblent : Joachim Expert (Piano), Brice Berrerd (Contrebasse) Jean-Louis Almosnino (Guitare) et Marc Michel (Batterie).

" Nous co-écrivons nos arrangements et l'interprétons avec le même enthousiasme..." dit-elle. Nous sommes heureux de partager avec le public le temps d'un concert, notre brin de folie, la joie et l'émotion de la musique en ces temps troublés.. !
Invité cet été lors du Festival « Jazz au Péristyle » de l'Opéra de Lyon, il semblerait que "Broadway Station" n'ait pas fini de nous surprendre !!!

Transmettre et faire du bien


Dans le monde du son et des fréquences, il existe un lien invisible avec l'être humain agissant sur ses émotions pour mieux les libérer. Le bien-être apporté par la musique et le soin de l'âme, Stéphanie Morales connait ça.

Enfant, en véritable conteuse universelle, elle offrait sa voix à travers la fenêtre ouverte de sa chambre, tel le rossignol, sans pudeur, et sans que personne ne puisse l'arrêter. Elle savait d'instinct délivrer des messages.

Sa quête c'est de franchir sans cesse de nouvelles barrières, pour la curiosité, jusqu'à l'extrême, jusqu'à l'émerveillement. Avec son phrasé expressif et intense, elle distille de la beauté jusqu'à plus soif, dans le langage universel de la musique.

Avant toute chose, toucher notre âme, que le breuvage soit fait de lyrique, de comédie musicale... ou de jazz !










Sites : http://broadway-station.com/
http://www.stephanie-morales.com/

dimanche 17 juillet 2016

Le Base'Art à Fréjus - Une exposition découvreuse de talents


Ce fût une belle journée de partage ...

En juin dernier, je me suis rendue à une exposition où j'avais été invitée par une artiste ukrainienne que j'avais hâte de rencontrer. C'était la 5ème Biennale du Mécénat et de l'Art Contemporain. 
Le concept :  favoriser la participation de 100 entreprises mécènes offrant un espace d'exposition à 100 artistes, qui s'étaient choisis sur le mode original d'un "speed-dating".

Moi j'aime l'Art, la rencontre humaine, ce qui est tendance et original... et puis il y avait Oksana Yambykh. 
J'étais tombée amoureuse de sa peinture à travers une simple affiche sur une vitrine de magasin à Nice. Depuis, nous avions juste "échangé" sur les réseaux sociaux et voilà nous y étions...


Arrivés à Fréjus avec une pluie torrentielle, nous avons retrouvé à l'intérieur de l'espace Caquot de la Base Nature, toute la lumière et la chaleur humaine des artistes qui nous attendaient avec leurs oeuvres et leurs belles sensibilités offertes à nos yeux. 
Partout dans les stands leurs gentils regards qui disaient "Voyez comme nous avons bien travaillé, et ce que nous vous offrons, aimez nous à travers nos oeuvres et nos messages d'artistes", comme de gentils enfants sages montrant leurs "petits trésors" étalés et guettant notre approbation.
Parmi ces artistes quelques-uns ont retenu mon attention en particulier... Pierrette Cornu, Christel Leleu, David Plantevin, Corine Voyant et bien sûr ... Oksana Yambykh!

Oksana Yambykh, enfin !




Ce week end là quand je suis arrivée sur son stand avec des amis, et qu'elle n'était là, j'ai eu un petit moment de panique... Et puis je l'ai appelée. Quand elle est arrivée, Oksana avec les bras ouverts et son grand sourire généreux, j'ai ressenti une immense émotion car j'ai compris que j'avais non seulement affaire à une artiste de talent mais aussi à une belle personne.
C'est le miracle de l'Art de favoriser ces belles émotions et ces belles RENCONTRES.

Elle est chaleureuse et entière, pétillante, sensible, belle.... et c'est définitivement une grande artiste peintre.
Elle nous a un peu parlé d'elle, entre deux accolades affectueuses, et quelques petites anecdotes pleines d'humour, de sa façon de percevoir la peinture en toute sincérité artistique.
Avec un amour de la vie hors du commun Oksana a aussi une force de caractère et une belle philosophie de la vie où chaque jour compte. Comme dans ses oeuvres elle vit, ressent, puis transmet dans une liberté totale.
Mais leur sens Oksana, et le changement de formes, de style, c'est dû à quoi ? Qu'est ce que cela veut dire ? "Moi je peins... les autres interprètent me dit-elle, et cela me va bien comme ça".
Et à moi aussi !

Ce que j'aime dans ses oeuvres ce sont ses thèmes fantasmagoriques, ses personnages et ses couleurs. Parfois douces et féminines, dans les jaunes et bleus turquoise, parfois plus violentes avec des carmins qui évoquent la passion, elles évoquent un univers imaginaire où les personnages principaux sont presque exclusivement des femmes.

Femmes amazones enfourchant avec superbe leur monture elles évoluent dans un monde d'une esthétique délicate, ou femmes enfants dans un décor à la Lewis Caroll, libres et sublimes dans une atmosphère ouatée. Femmes fatales, femmes danseuses ou musiciennes, femmes androgynes, femmes graciles...

Qu'importe, elles ont à la fois la grâce des Vénus de Boticelli et l'audace des prostituées de Degas. Les petits lutins et autres personnages curieux que l'on devine font partie de ce monde étrange comme des témoins de leurs rêves fantastiques.









"Oksana Yambykh peint avec son âme... Où tout est la poésie, la douceur, l'innocence, la plénitude et le rêve.
Ses tableaux exercent une attraction, il faut y entrer, les pénétrer et découvrir que chaque toile renferme d'autres tableaux !
Oksana nous emmène dans des paysages féeriques, un peu irréels. Chaque toile est a elle seule une 'Mostra', tant il y a de détails a découvrir.
C'est un jeu que fera le visiteur, celui de compter les sujets, attention, il y en a dans tous les sens..." dit T Jan." Je lui laisse le mot de la fin.


Pierrette CORNU, "On n'est pas trop sûr de ce que ça dit, l'important est de laisser une trace..." (Pina Bausch)




C'est exactement ce que l'on ressent lorsqu'on s'approche des toiles de cette artiste. Elle marque, on s'interroge... et au final on retient ! Les influences sont- elles chagalliennes? baconniennes ? ou les deux à la fois ? Mélange d'univers complexes, riches et ambigus, paradoxaux parfois, fondamentaux peut-être ? Il y a quelques chose de laid et de beau à la fois ou l'inverse ? 
"Une méditation sur la beauté" certainement comme dirait François Cheng qu'elle cite. 
On ne peut y être indifférent...

Voilà ce qu'elle dit d'elle-même sur son site :


"Mettre en scène la matière ou plutôt les corps étrangers, rebuts-détritus rencontrés là par un hasard légèrement maîtrisé, sur le chemin de l’interrogation qui m’occupe ici. Peindre pour observer, mieux voir, creuser les apparences, pouvoir nommer les choses et avoir moins peur. Se rapprocher du monde réel par le rire, la mort de rire sonore et gesticulée ; mettre de la vibration dans cet ébranlement du corps qui passe à travers le visage jusqu’à ce que la gestuelle devienne pure matière picturale. Exprimer une théâtralité en une seule image : la vie, le rire comme matière à peindre"

Ruminer encore et encore pour alimenter ma petite comédie picturale avec en tête l’idée que le plus important reste à faire !

A partir de ce constat, ma réflexion autour du tragicomique, « le monde est un théâtre » continue pour traduire cette accumulation de perceptions qui entoure le chaos des têtes sans vouloir à tout prix chercher un sens à ce qui n’en à peut-être pas. Il s’agit plutôt de mettre en présence les émotions contenues dans mes personnages afin de provoquer surgissements ou fulgurances sans quoi la peinture n’aurait aucune saveur.

Cette voie me ramène comme une obsession à l’oeuvre de Beckett, toujours, et entrecroise avec elle, celle de créateurs comme Pina Bausch, François Cheng

La fréquentation de ces différents auteurs me permet une meilleure compréhension des hommes et apporte un début de réponse à mon insatisfaction permanente.

Celle-ci reste nécessaire pour orienter, épurer et rendre ma recherche à la fois fluide et exigeante.

Un autre élément à évoquer concerne directement la forme : le dessin dans la matière brute entremêle des traits et des signes qui s’inventent entre eux, souvent au hasard, pour former le théâtre de figures auxquelles je tiens et dont j’ai besoin pour relier pictural expressif et corps.

Dans cette quête quotidienne de la sensation en relief, en plus de la dramaturgie, la danse des mots et des sons qui passent par là, accroche mon attention et arrive parfois au bon moment pour guider mes impulsions et susciter envie et audace.

Mes personnages réunis dans le rire, grotesque (imaginé ou vécu) ou de résistance (critique), baignés de non-sens ou d’ambigu comique, ne sontjamais totalement ceux que l’on croit, comme empêchés et jamais à situer ni à définir catégoriquement.

Pour terminer, je citerai simplement le commentaire d’une jeune internaute qui paraît peut-être résumer ma démarche : « on naît, on meurt et entre les deux ça rit et ça grince ! »










David Plantevin, un Varois en Tunisie



Humble et discret, et pourtant "multi-talentueux", ce directeur artistique, styliste et peintre mérite largement sa place de véritable artiste dans cette exposition. Ses toiles représentent exclusivement des portraits, aux regards expressifs, et aux couleurs chatoyantes et gaies comme des tissus d'orient. 
Une belle humanité et une justesse dans l'intention des émotions... A suivre !   

Ce que l'on dit de lui :

"Originaire du sud de la France, David Plantevin grandit dans les Alpes de Haute-Provence, près de Digne-les-Bains. Il entame des études de notaire puis décide d’arrêter pour se consacrer à sa passion : la mode et la création. Il ouvre à 22 ans sa propre boutique de prêt-à-porter à Saint Raphaël, dans laquelle il propose à ses clientes un univers mêlant mode, mobilier et objets de déco.

Ce concept, allié aux conseils personnalisés et toujours sincères de David, séduit sa clientèle qui s’élargit petit à petit grâce au bouche-à-oreille. A 35 ans, styliste talentueux, il lance successivement ses propres lignes de prêt-à-porter, "Westiaire" et "D-Line". Enfin, au printemps 2009, David signe le début d’une collaboration pour la création de modèles exclusifs pour la marque de prêt-à-porter Tanaïs. Artiste dans l’âme il s’est peu à peu mis à peindre depuis plusieurs années.

Par sa peinture il souhaite exprimer un univers bien particulier, l'art est un moyen d’expression. A travers les couleurs, les formes, la peinture est un langage pour exprimer ses sentiments, ses rêves ou ses idées. Son travail est pétillant, agressif par ses couleurs, avec une touche d'orient, ses toiles trouvent une place dans les expositions, les galeries, sur les murs d’une maison de passionnés ou d’amoureux de l’Art."








Christel LELEU de Tourrettes sur Loup


J'ai promis, donc j'irais lui dire bonjour à Christel Leleu.
Elle a son propre atelier, elle vit dans un très beau village dans ma région et surtout elle semble très ouverte et sympathique. J'aime sa peinture élégante, expressive fine et délicate. Son humanité apparaît notamment dans son bel hommage à Nelson Mandela. 

Ce qu'elle dit d'elle-même :

Je m’appelle Christel LELEU, je suis artiste peintre et sculpteur depuis plus de 20 ans.
J’ai ouvert mon atelier, « Figures Vives », en 2011, dans le petit village varois de Tourettes Sur Loup.(communauté de communes de Fayence, à quelques kilomètres de Grasse, Saint Raphaël et Draguignan).

J’ai d’abord beaucoup travaillé sur le corps en mouvement et expressif (le flamenco, le cirque) puis j’ai focalisé mon attention sur les visages.
C’est l’émotion qui m’intéresse ; celle qui me gagne au début du projet (travail avec des modèles vivants ou des photographies d’artistes) et que j’espère transmettre au spectateur, à la toute fin, transcendé à travers le filtre de ma propre sensibilité .
J’utilise des médiums qui permettent la spontanéité du geste comme l’encre, l’aquarelle et surtout l’acrylique au potentiel plastique étendu. Ma palette devient de plus en plus colorée. Je m’autorise toute intervention plastique possible – collages de différents matériaux, grattage ou même la dégradation des médias – pour servir l’expression ou l’émotion.

Ce que l'on dit d'elle :

"Christel Leleu-Ferro a ouvert son atelier Figures Vives en mai 2011 à Tourrettes. Elle se définit avant tout comme une chercheuse, expérimentant toutes sortes de techniques graphiques ou picturales pour nourrir son propos. C’est le corps expressif qui l’intéresse : une émotion, un regard, un mouvement, une posture, une présence…

Cet invisible qui circule au-delà de l’identité, qui remue l’artiste et auquel elle tente de donner corps. Un éloge de la vie tout simplement".




Et moi je dis à bientôt Christel...

Corine Voyant, plasticienne...




Plasticienne,définition : Artiste, généralement peintre ou sculpteur, dont le propre est de donner des formes une représentation esthétique. Le mécanisme de la création artistique est bien mystérieux: on dirait parfois qu'en chaque individu, le plasticien méprise profondément l'idéaliste, et le dupe en travaillant pour son propre compte...
Ce que l'on dit d'elle :

Corine Voyant, peintre autodidacte, présente dix-sept acryliques sur toiles, de grands formats déclinés en deux thèmes, dont « Les nanas », un univers typiquement féminin. Fortement influencée par la tapisserie, les textiles et les imprimés, l'artiste peint ses sujets à motifs dans lesquels s'entrechoquent les couleurs. « Il n'y a aucune perspective dans ces tableaux, précise-t-elle. Que des aplats ». Des femmes vêtues de robes et collants imprimés d'où émane la sensualité. Influencée par le mouvement hyperréaliste, elle orée, à l'opposé des « Nanas », des toiles en perspective : des souliers, des accessoires, des natures mortes aux couleurs rutilantes, sortes de trompe l''oeil ciselés à l'extrême. « Des photos avec tous les détails ».




samedi 2 juillet 2016

Le Douanier Rousseau (1844 -1910) - Pas si "naïf" ?



Le Rêve

Le Douanier Rousseau (1844 -1910) Pas si "naïf" ?
Par Valérie Morales

Elle était si naïve la peinture de Henri Rousseau, celui que l'on appelait "le Douanier Rousseau" que même les peintres amateurs pensent pouvoir l'imiter. Pourtant il avait une "vraie" technique, un "vrai" style, car c'était un "véritable" artiste, qui avait étudié la musique et le dessin et qui savait écrire.

Et cet incompris, celui dont se moquaient les intellectuels bien-pensants, s'est imposé peu à peu parmi les plus grands et a marqué une nouvelle génération de peintres. Les naïfs oui, mais aussi les fauves, les cubistes....

Un véritable précurseur en somme, méprisé une bonne partie de sa vie, reconnu sur le tard, mais avec un rayonnement tel, qu'il crée un courant de peintres appelé "les primitifs" ou "les naïfs du XXème siècle".

La guerre
Au salon des indépendants en 1894, quelques années après l'Exposition Universelle, après quelques années d'une vie médiocre, son génie apparaît enfin au grand jour à travers des oeuvres inattendues par l'originalité de leur thème telles que "La Guerre" puis " Eclaireurs attaqués par un tigre", "Le lion ayant faim"...

Le douanier Rousseau disait avoir été au Mexique.. mais il est fort probable que les savanes et animaux sauvages de sa période exotique soient inspirés directement du Jardin des Plantes à Paris puisqu'il n'aurait jamais voyagé. Un décor végétal fantastique et sa promiscuité avec les animaux, une connivence que l'on ressent à travers ces peintures, à moins que ce ne soit de la peur... même les maladresses du douanier Rousseau apparaissent telles subitement géniales et sans doute à l'origine de l'engouement ressenti par ses pairs Picasso, Delaunay et toute l'avant garde....



Le lion dans la tempête

Le lion ayant faim




La bohémienne endormie

D'inspiration moderne , sociale et humanitaire avec de fortes convictions républicaines transposées en allégories pleines d'imagination, les oeuvres symboliques du Douanier Rousseau comme "La guerre", "le Rêve", ou "New York" ont une fraîcheur d'âme et une poésie puissante qui les transfigurent.

Egalement observateur des scènes populaires, ses personnages représentés de face, dans une posture hiératique évoquent les peintures religieuses du Quattrocento italien.

Malgré une certaine gaucherie dans la composition, le dessin d'une grande netteté et les couleurs au relief éclatant constituent à leur façon une énigmatique harmonie qui nous saisit par son étrange douceur.

Le mariage


Dans les paysages parisiens une même délicatesse dans le rendu des matières et des lumières confèrent à ces paysages une atmosphère mystérieuse de paradis perdu. Avec ses arbres stylisés, comme brodés, ses nuages ouatés, ils offrent un véritable spectacle onirique.





Poétique, imaginatif, et libre, le Douanier Rousseau avait l'intelligence de la Foi. Malgré les moqueries des autres peintres dont il a longtemps été la risée, il a su garder son libre arbitre, avec à la fois le Classicisme des primitifs des XIIIème et XIVème siècles et l'ingéniosité créatrice des peintres modernes.

Naïf dans l'esprit et la sensibilité, mais naïf réaliste...

Du moins c'est ce qu'il a voulu laisser de lui dans ce qui aurait pu être son épitaphe, écrit par lui-même

"C'est après de bien dures épreuves qu'il arriva à se faire connaitre de nombre d'artistes qui l'environnent. Il s'est perfectionné; de plus en plus dans le style original qu'il a adopté et est en passe de devenir l'un de nos meilleurs peintres réalistes"

Car de son art, c'est lui qui en parle le mieux.

Vivent les naïfs !!!



Ève (1905-1907) 



Portrait de Monsieur X (Pierre Loti )- 1906


Exposition au Musée d'Orsay jusqu'au 17 juillet
" Le douanier Rousseau, L'innocence archaïque"
http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/au-musee-dorsay/presentation-generale/article/le-douanier-rousseau-43250.html?cHash=6a18bbfd55